Vendredi 17 octobre à 18h30 :« Vérité » de Émile Zola, l’affaire Dreyfus transposée en milieu scolaire par Annie Thauront
Vendredi 30 octobre à 18h30 : La banlieue à travers la littérature par Constance Barbaresco
Vendredi 13 novembre à 18h30 : Germain Boffrand à Cachan par Christophe Balland
Vendredi 27 novembre à 18h30 : Le Parc Montsouris par Marcel Frémont
Arcueil et la mémoire de l’esclavage
Comme le Palais de l’Élysée, symbole de la République française, construit grâce à Antoine Crozat, enrichi par le commerce colonial et la traite négrière, il y a un lien entre le bâti local arcueillais et l'économie esclavagiste. Un château, le château Laplace, aujourd’hui disparu, fut construit avec les produits de la traite négrière transatlantique et de l’esclavage dans l’une des premières raffineries de sucre de Basse-Terre.
Arcueil fut aussi au carrefour de la conscience abolitionniste avec Voltaire, l’auteur de Candide ou l’optimisme, installé au château-neuf d'Arcueil chez Anne-Marie-Joseph de Lorraine pour y rédiger Zaïre et avec M. de Saint-Lambert lié à la commune par sa généalogie, cofondateur de la Société des amis des Noirs avec le chevalier de Boufflers, cousin germain de Louise-Anne-Marie de Beauvau-Craon, princesse de Poix, propriétaire du château seigneurial. Alors que dans le château seigneurial fut installée une manufacture d’indiennes de coton vers 1778, le fils de l’un des graveurs de cette manufacture sera l’auteur d’une toile abolitionniste La Traite des Nègres confectionnée dans les années 1820. L’indienne de coton, objet du commerce triangulaire, devient un instrument de dénonciation de ce même commerce.
Le rapport le plus fort avec Arcueil concerne l’histoire de Saint-Domingue et l’acquisition de son indépendance. Le beau-frère de Louise-Anne-Marie de Beauvau-Craon, le vicomte de Noailles s’illustra comme tortionnaire. Obéissant au général de Rochambeau, il alla se procurer des dogues à Cuba dressés pour manger des nègres vivants. Malgré un corps expéditionnaire de 31000 hommes envoyés par Bonaparte, l’indépendance de Saint-Domingue devenue Haïti sera proclamée le 1er janvier 1804. En 1826, Charles X réclamera une indemnité de 150 millions de francs or à la jeune république pour que la France reconnaisse son indépendance. Allégée en 1838, la dette sera réglée à la France par l’intermédiaire de banques dont la Caisse des dépôts et consignations. La question des réparations reste posée, 25 ans après la loi Taubira.
Cette publication rend hommage à deux femmes mortes toutes deux en 1802 : Sanite Bélair, esclave affranchie de Saint-Domingue, qui participa à la révolution haïtienne et refusa la décapitation pour être fusillée comme son époux et la mulâtresse Solitude, figure féminine des insurgés en Guadeloupe, qui fut suppliciée après son accouchement. Une sculpture « Femme Bellah aux fers » réalisée à Tombouctou en 1925 par l’Arcueillaise Anna Quinquaud montre que la traite transsaharienne et l’esclavage perdurent.
Annie Thauront
Collège des Dominicains d'Arcueil
Le collège Albert-le-Grand à Arcueil
Ce texte relate l’histoire du collège des Dominicains qui occupa de 1863 à 1906 dans le centre ancien d’Arcueil les propriétés des savants Berthollet et Laplace avant que ne s’y installe en 1908 la Caisse des dépôts et consignations. Ce collège est devenu célèbre le 25 mai 1871 lors de la Semaine sanglante sous la Commune par le massacre de cinq Dominicains enseignants dont le Père Captier créateur du collège en 1863 et de huit de leurs employés. Un fait divers a attiré mon attention. En 1892, alors que le R.P Didon est Directeur depuis 1890, un enfant de 14 ans se pend dans la classe où il avait été enfermé. Il sera fait ce qu’il faut pour que ce suicide ne soit pas suivi d’enquête. Henri Didon, célèbre pour sa formule « Citius, Altius, Fortius » devenue la devise officielle des Jeux olympiques, est moins connu pour ses discours de distribution des prix. Le 19 juillet 1898, il prononçait un discours militariste et violemment anti-dreyfusard ayant pour thème « De l’esprit militaire dans une nation ». Il s’en prend (sans le nommer) à Émile Zola qui vient d’être condamné pour diffamation envers l’armée après la publication de « J’Accuse ! ». Cela m’a donné l’occasion d’évoquer l’Affaire Dreyfus mais surtout le dernier combat d’Émile Zola, celui contre les écoles « congréganistes » avec son roman « Vérité ». L’écrivain (qui ne verra pas la fin de la publication du roman car mort accidentellement le 29 septembre 1902) débute par le viol et le meurtre d’un enfant, élève d’une institution catholique ; il y transpose l’Affaire Dreyfus dans le milieu scolaire. L’oncle de l’enfant, un instituteur juif, est accusé du viol et du meurtre ; reconnu coupable, il est condamné. Un autre instituteur, Marc Froment, cherche l’auteur du crime ; il se heurtera aux ecclésiastiques qui feront tout pour discréditer l’école laïque et protéger le meurtrier, l’Église et l’éducation qu’elle prodigue. Ce roman de Zola s’inscrit dans le contexte du débat préparant à la séparation des Églises et de l’État. C’est dans ce contexte que sera fermé le collège Albert-le-Grand le 13 juillet 1906 et les Dominicains expropriés.
Annie Thauront
L’histoire oubliée de la teinturerie David et de sa propriétaire Mme Perle David née Alexandre et de son associé M. Bernard Reichenbach.
Cette publication relate l’histoire de la plus importante teinturerie d’Arcueil, la teinturerie David et celle de ses propriétaires. Le 19 août 1944, vidée de tout son matériel, l’usine était devenue le poste de commandement des FTP d’Arcueil. Elle sera vendue dans les années 1960 par la famille de Bernard Reichenbach à la brasserie Valstar ; ses bâtiments seront utilisés pour entreposer des bouteilles de bière. Après la fermeture de Valstar en 1974, sur ses terrains préemptés par la mairie, côté impair à l’emplacement de ce qui fut la teinturerie Caron et côté pair à l’emplacement de la teinturerie David, seront construits logements HLM et logements en accession à la propriété ; cela sera la ZAC de la Maison des Gardes. Mais dans la mémoire arcueillaise, seule reste la Valstar. La teinturerie David a été oubliée. Et pourtant...de nombreuses générations d’Arcueillais-e-s y ont travaillé de 1881 jusqu’en 1941 peut-être même 1942 ou 1943. L’histoire de Mme David née Perle Alexandre, la propriétaire, témoigne de la barbarie nazie. Juive originaire d’Afrique du Nord, veuve depuis 1914 du teinturier juif originaire de Nancy, Henri David, elle subit en 1941 le « vol légal » de sa teinturerie du fait des lois dites « d’aryanisation » de Vichy et de l’occupant allemand visant à « éliminer l’influence juive dans l’économie nationale ». Le 27 février 1941 est nommé un administrateur provisoire pour tous les biens possédés par le financier Bernard Reichenbach, associé et gérant depuis 1927 de la société « Veuve David et Cie ». La teinturerie David fut « aryanisée » comme l’imprimerie de l’éditeur de cartes postales Adrien Bréger qui se trouvait rue de la Grange Ory à Cachan. La maison d’habitation des Bréger, 32 rue du Dr Gosselin à Arcueil au coin de la rue Paul Signac, devint en 1944, après le départ des Allemands qui l’occupaient, poste de commandement du groupe clandestin MLN - FFI d’Arcueil dirigé par Jules Gaudiche. Si l’histoire de ces deux entreprises est semblable, Mme David, propriétaire de la teinturerie, n’eut pas le même sort que M. Adrien Berger. Arrêté le 13 mai 1944 à Clermont-Ferrand non pas comme juif mais comme résistant pour avoir fabriqué des faux papiers, il fut interné à Drancy mais il échappa à la déportation du fait de la grève insurrectionnelle des cheminots et récupéra après la Libération son imprimerie et sa maison. Mme David avait été arrêtée comme juive à son domicile à Aix-en-Provence en mai 1944 avec son fils André Salomon (né d’un premier lit). Transférés à Marseille puis internés à Drancy, ils seront déportés et mourront à Auschwitz, Perle David le 25 mai et son fils André Salomon le 5 juin 1944. Ils avaient respectivement 79 et 62 ans. Ils sont morts peu de temps avant la Libération d’Arcueil et de Paris et avant que l’associé de Mme David, Bernard Reichenbach, ne récupère le 12 mars 1945 la propriété de la teinturerie David. J’ai profité de cette recherche pour évoquer l’entourage artistique du fils de Perle David, le pianiste André Salomon et celui de Bernard Reichenbach, dont l’un des fils fut le cinéaste François Reichenbach. Annie Thauront
Les barrières d'octroi
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| Henri Rousseau. L'octroi. |
Lire le dossier : Les bureaux d’octroi de Paris et d’Arcueil-Cachan
Lire le dossier : Le peintre Henri Rousseau appelé le Douanier Rousseau
Histoire et généalogie de l’imprimeur-éditeur Adrien-Armand Bréger et de son épouse Marie-Louise Fribourg
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| Maison qui fut celle de M. Adrien Bréger, 15 rue du 8 mai 1945 |
Lire le dossier : La rue Paul Signac
Lire le dossier : Ascendance de Marie-Louise Fribourg et de Adrien-Armand Bréger
La descendance Caristie
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| Philippe Joseph Caristie |
Lire le dossier sur la descendance Caristie
Le quartier d'Arcueil, dit Plateau-Kergomard.
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| Impasse Vuilleminot (DR) |
Comme partout en Ile-de-France, la vigne décline dans la 2e moitié du XIXe siècle, principalement à cause de l'arrivée du chemin de fer : en déversant sur le marché parisien les crus du sud de la France réputés bien meilleurs, il fait disparaître la production locale. A Arcueil, s'ajoute le fort développement des carrières qui fournissent en pierre à bâtir le marché parisien. De grandes carrières se trouvaient sur le plateau, parmi lesquelles celle dite des Géants. C'est dans l'une de ces carrières, convertie en champignonnière, probablement située sur le territoire du Kremlin Bicêtre vers l'intersection de Villejuif et d'Arcueil, que se déroule en 1897 le fait divers connu comme l'affaire Carrara. En novembre, l'exploitant, Angelo Carrara, tue et fait brûler dans sa champignonnière un commis de banque venu encaisser une traite.
Le grand traumatisme se produit au milieu du XXe siècle. L’autoroute de l’État mit à mal la tranquillité des habitants du plateau et affecta gravement la continuité de ce quartier avec le reste de la commune. Henri Toulouze









