Jeudi 8 février à 18h : Le boulevard Voltaire à Paris 11e

Boulevard Voltaire. Photo Marcel Frémont.
Les concepteurs de cette voie rectiligne, inaugurée en 1862 sous le nom de Boulevard du Prince Eugène (Eugène de Beauharnais), voulaient en faire une « voie anti-manif ». Elle partait de la caserne du prince Eugène pour rejoindre le fort de Vincennes, et devait permettre aux troupes d’intervenir facilement en cas d’insurrection populaire comme celle de juin 1848. Son percement et sa construction sous le baron Haussmann furent l'objet central de l'intrigue du roman La Curée d’Émile Zola.

La conférence illustrée de mes photos a pour but de :
- Faire connaître ce boulevard, long de 2850 m et large de 30 qui va de République à Nation où de nombreuses manifestations syndicales et politiques se sont déroulées depuis des décennies ; plusieurs rues traversent ce boulevard dont la rue Oberkampf, du chemin vert, de la Roquette et de Charonne
- Raconter quelques histoires parfois joyeuses comme les cinémas, les cafés, les origines de cette voie publique.
- Raconter les tragédies survenues lors des attaques perpétuées le 13 novembre 2015 au Bataclan et dans le bar « La belle époque » et le bistro-restaurant « Le Comptoir Voltaire », lors des manifestations du 8 février 1962 au métro Charonne et du 14 juillet 1953 place de la Nation.

Pour cela, en partant de la place de la République, je remonterai le boulevard jusqu’à la place de la Nation en faisant de nombreux arrêts. J’évoquerai, devant le Bataclan, ouvrant sur le boulevard Richard Lenoir, le jardin May Piqueray ; May Piqueray (1898-1983) fut une grande dame non par sa taille mais par son courage et ses convictions libertaires ; elle avait soutenu en 1963 Louis Lecoin dans sa grève de la faim afin que le Parlement adopte une loi concernant le choix de ne pas effectuer le service militaire pour objection de conscience. Devant l’église Saint Ambroise, j’évoquerai la manifestation du M.L.F  du 20 novembre 1971 de République à Nation avec Simone de Beauvoir. Un cortège de mariage venait d’arriver dans l’église ; un groupe de manifestant(e)s  tenta d’y pénétrer en scandant « Ne vous mariez pas », « Mariage piège à cons ». Par ses talents diplomatiques, le curé sut négocier le départ des manifestant(e)s dans le calme et put célébrer le mariage. Marcel Frémont

Jeudi 29 février à 18h : Réussite industrielle avant guerre, persécution anti-juive sous Vichy, résilience après guerre.

Cette séance sera animée par Gérard Najman de Cachan et Annie Thauront d’Arcueil.

La famille Klapisch à Cachan

Béatrice Klapisch et son père Joseph en 1931.
Coll. Béatrice Klapisch

Le physicien Robert Klapisch, né le 26 décembre 1932 à Cachan, est décédé le 28 mars 2020 : cela a été l’occasion d’une recherche sur l’installation en 1921 et la vie de cette famille juive à Cachan, une activité industrielle de pointe dans son domaine au 43 rue Camille Desmoulins : fumaisons et salaisons, avec la production de harengs, de maquereaux et de sprats, puis à partir de 1930 de saumon fumé.

La guerre arrive avec la défaite de la France, la débâcle, l’occupation allemande et la collaboration du gouvernement de Vichy avec son statut des Juifs : l’arrestation de Joseph lors de la rafle du billet vert, son internement dans le camp de Beaune-la-Rolande, sa déportation vers Auschwitz où il sera assassiné, l’aryanisation de l’entreprise qui conduit à sa fermeture, la dispersion du reste de la famille, sauf Hilda, l’épouse de Joseph, qui reste à Cachan avec ses filles …jusqu’à la rafle du Vel’ d’Hiv’ du 16 juillet 1942 à laquelle elles échappent grâce à l’aide de voisins. Tout le monde se cache en zone sud, jusqu’à la fin de la guerre. L’activité de l’usine reprend. Les enfants ont grandi, poursuivent de hautes études ou entrent dans la vie active. Gérard Najman


Abraham et Tina Bercovici et Adrien Bréger à Arcueil

Abraham et Tina Bercovici vers 1935.
Coll. Michèle Lévy-Bonvalot.

La pose des plaques commémoratives en 2022 en hommage aux déportés juifs d’Arcueil a donné lieu à plusieurs recherches, dont une sur la rue Branly et une autre sur la maison du 15 rue du Dr Gosselin, où après la Libération avait été posée une plaque, relative à un mouvement de résistance arcueillais qui y avait fait son centre de commandement.

Avaient habité au 16 rue Branly le tailleur Abraham Bercovici, sa femme Tina et leurs enfants. Le couple Bercovici sera arrêté par la police française le 25 septembre 1942, lors de la rafle des juifs roumains, à leur nouveau domicile à Paris et déporté. A leur décès à Auschwitz, ils avaient respectivement 59 et 56 ans. Abraham était arrivé de Bucarest à Paris en 1895 comme apprenti tailleur. Il fut embauché dans les ateliers de confection de vêtements militaires Burberry. C’est là qu’il rencontra son épouse qui y travaillait comme couturière. De 1912 à 1913, Abraham part au Transvaal en Afrique du Sud travailler pour Burberry. Revenu à Paris pendant la guerre de 1914-1918, il imaginait, en 1940, que sa participation à l’équipement des soldats, vue comme effort de guerre, lui assurerait la protection de la France… En 1928, alors qu’il habite Arcueil, où naîtront trois de ses douze enfants, il est naturalisé français. Erik Satie appréciait Abraham Bercovici qu’il vint voir régulièrement à la fin de sa vie.

La maison du 15 rue du 8 mai 1945 était la propriété depuis 1938 de l’éditeur-imprimeur Adrien Bréger et de sa femme Marie-Louise Fribourg, parisiens de familles juives d’Alsace-Lorraine. Adrien Bréger avait fait son droit mais décida de reprendre la maison d’édition de cartes postales qui avait été celle de son père et de son oncle. En 1939, il est mobilisé. Fait prisonnier le 20 juin 1940, incarcéré au Stalag VII A, simulant les symptômes du diabète, il est libéré le 1er juin 1941. Ayant rejoint la zone libre, il est arrêté avec son frère par la Milice à Clermont-Ferrand pour avoir fabriqué des faux papiers ; ils seront transférés à Drancy le 2 juin 1944, mais échapperont à la déportation, le camp de Drancy ayant été libéré. Leur secrétaire Mme Girouard, arrêtée elle-aussi, mourra à Ravensbrück. Après la Libération, Adrien Bréger récupéra sa maison qui avait été réquisitionnée par l’occupant et son entreprise qui avait été aryanisée. Son imprimerie, Hélio-Cachan, située à l’origine 5 rue de la Grange Ory à Cachan, près de la N20, sera installée en 1966 à Chilly-Mazarin jusqu’au dépôt de bilan en juillet 1975. Avec sa carte postale Iris-Mexichrome, il assurait alors les 3/4 de la production française de cartes postales. Aucune solution de reprise n’ayant abouti, Adrien Bréger vendra ses biens (dont sa maison de la rue du 8 mai 1945) pour rembourser ses emprunts bancaires. Annie Thauront



Samedi 16 mars à 16 h : Conférence de M. Jean Laloum, historien et chercheur au CNRS

M. Jean Laloum.

L'idée de cette conférence de l’historien M. Laloum est venue de l'ouverture d’une salle de la médiathèque Louis Pergaud d’Arcueil autour d'un scanner destiné aux familles d'Arcueil afin de numériser leur patrimoine photographique.

Pour les familles juives originaires d’Afrique du Nord ou d’Europe centrale et orientale, leur patrimoine photographique est à l’image de leur déracinement, fait d’une accumulation de ruptures d’ordre environnemental, social et culturel qui en façonne la lisibilité. À cette dimension de l’immigration, commune à nombre de familles, se superpose la politique d’extermination perpétrée sous l’occupation nazie, multipliant fractures, ruptures et traces en pointillé. Ces photographies surprennent parfois, émeuvent et surtout instruisent.

C'est par exemple, à partir de l'étude croisée de visuels représentant le vestimentaire dans les aires culturelles du monde d'Europe centrale et orientale tout comme celui du monde maghrébin et, par corollaire, de l'analyse de l’origine des noms propres de ceux qui en sont revêtus, qu'il est possible de distinguer les différentes facettes du processus de mutation et ainsi, mieux apprécier les étapes de ce qu'il est convenu de qualifier de marche à la modernité, une modernité où « acculturation et sécularisation » sont largement imbriquées. Jean Laloum


Jeudi 28 mars à 18h : Pour ne pas oublier le rôle des étrangères dans la Résistance.

Menika Chilischi (1915-1944)
Coll. Pierre Stambul.

Cette conférence, à la veille du 8 mars, est consacrée aux femmes dans la Résistance, juives étrangères ou françaises d’origine étrangère ; elle fait suite à l’hommage rendu en 2024 par les chemins de la mémoire aux quatre résistant(e)s FTP-MOI qui habitèrent av. Richaud à Arcueil :
• au 44, Boruch Lerner, responsable de l’armement, fusillé au Mont-Valérien le 1er octobre 1943 et son épouse Hadassa Lerner-Tenenbaum déportée par le convoi 58 en date du 31 juillet 1943, revenue d’Auschwitz, qui faisaient partie du 2e détachement juif ;
• au 43, Ménika Chilischi, gazée à son arrivée à Auschwitz le 6 février 1944, et son compagnon le « démineur » Jacov Stambul, revenu du camp de Buchenwald, membres du groupe Manouchian.

Dans cette séance, je reprends une partie de la recherche que j’ai publiée sous le titre «  M..enika, O..lga, I..da et les autres » écrite en l’honneur des femmes engagées dans la MOI, en m’attardant sur des femmes dont on a assez peu parlé et qui jouèrent un rôle déterminant dans la Libération de la France. Outre les Bessarabiennes Olga Bancic, décapitée à Stuttgart le jour de ses 30 ans et Menika Chilischi morte en déportation, qui faisaient partie du groupe Manouchian et la polonaise Hadassa Lerner-Tenenbaum du groupe de Meier List, survivante à la déportation, sera évoqué le sort de femmes qui furent arrêtées par les policiers des brigades spéciales et qui survivantes à la déportation témoignèrent : Paulette Sarcey, née Paula Szfilke (1924-2020), arrêtée le 23 mars 1943 dans la planque qu’elle partageait avec son ami Henri Krasucki lui-même arrêté, déportée à Auschwitz comme juive par le convoi 55 en date du 23 juin 1943 ; Eva Golgevit née Chana Miloztajn (1912-2017), arrêtée le 1er juillet 1943, déportée par le convoi 58 ; Genendel (Gina) Goldstein née Wajbrot (1909-1958), arrêtée le 3 juillet 1943 chez Eva Golgevit, déportée par le même convoi, grand-mère maternelle de la conseillère municipale d’Arcueil Anne Rajchman. J’évoquerai aussi des femmes, qui, échappant à l’arrestation, ne se firent pas reconnaître comme résistantes telle Dvoira Vainberg (1917-1997), bessarabienne et amie de Olga Bancic, future épouse Stambul, compagnon de Menika Chilischi. Annie Thauront



Les barrières d'octroi

Henri Rousseau. L'octroi.
Dans la notice consacrée à Arcueil de wikipédia, il est écrit à propos des personnalités liées à la commune : « Henri Rousseau (1844-1910) dit le douanier Rousseau, peintre naïf ; il travailla comme douanier à la Maison des gardes, actuellement le conservatoire d'Arcueil. » Ma publication montre que cette affirmation est erronée. Le château vieux n’a jamais été bureau d’octroi (ou même bureau de douanes) où le peintre Henri Rousseau aurait pu travailler de 1871 à 1893. Il avait été nommé commis d’octroi de 2e classe à l’octroi de Paris en 1871. À cette époque, le château vieux, dénommé plus tard Maison des gardes, était propriété du teinturier Nicolas Jannet auquel succéda en 1900 son gendre, le teinturier Jules Caron, qui sera maire d’Arcueil de 1875 à 1878 et de 1888 à 1892. Au moment où le Douanier Rousseau est censé travailler comme douanier dans la Maison des Gardes, Jules Caron y habite avec son épouse Marie-Aspasie Jannet. Cette erreur m’a incitée à une recherche sur les barrières d’octroi. Il en résulte une première partie intitulée « Les bureaux d’octroi de Paris et d’Arcueil-Cachan ». La fraude à l’octroi, cette taxe sur les marchandises destinées à la consommation entrant en ville, a conduit à la construction de barrières à Paris sous Louis XVI. Je présente l’architecte Claude-Nicolas Ledoux, qui fut l’auteur des plans de 57 bureaux d’octroi parisiens. La construction des barrières fut interrompue par des émeutes et incendies des bureaux d’octroi, prémisses de la Révolution française, qui eurent lieu à Paris du 9 au 13 juillet 1789 à la veille de la prise de la Bastille. Reconstruits, la plupart des bureaux d’octroi furent démolis à l’occasion des travaux d’Hausmann. Il ne reste que quelques bureaux dont ceux de la place Denfert-Rochereau qui abritent le Musée de la Libération de Paris. Les bureaux d’octroi d’Arcueil-Cachan n’existent plus. Dans une seconde partie, je présente le peintre, le Douanier Rousseau, à travers quelques-uns de ses paysages urbains dont « Berges de la Bièvre près de Bicêtre » où l’on voit dans le lointain l’aqueduc Belgrand. Annie Thauront

Lire le dossier : Les bureaux d’octroi de Paris et d’Arcueil-Cachan

Lire le dossier : Le peintre Henri Rousseau appelé le Douanier Rousseau

Histoire et généalogie de l’imprimeur-éditeur Adrien-Armand Bréger et de son épouse Marie-Louise Fribourg

Maison qui fut celle de M. Adrien Bréger, 15 rue du 8 mai 1945
À la suite des poses de plaques pour le 80e anniversaire de la rafle du Vel’ d’Hiv’ aux domiciles des victimes juives arcueillaises de la déportation, Jacques Delahaie et moi-même avons été informés qu’une plaque avait été apposée sur le mur d’enceinte d’une belle propriété, située à Arcueil, à l’angle de la rue Paul Signac et de la rue du Docteur Gosselin, et dont l’adresse est depuis 1965, 15 rue du 8 mai 1945. Cette plaque honore un groupe de Résistants arcueillais, celui du MLN, (dont le responsable était l’abbé Le Corvec), qui en avait fait son centre de commandement lors de la Libération d’Arcueil le 19 août 1944. La maison qui avait été réquisitionnée par l’occupant allemand appartenait depuis 1938 à M. Adrien-Armand Bréger (1902-1991), imprimeur-éditeur et à son épouse Mme Marie-Louise Fribourg (1906-1993). Cette information donnée par leur petit-fils, M. Olivier Artaud, que je remercie vivement, eut pour résultat une recherche sur celui qui construisit la maison, le comte César de Peretti de la Rocca (1827-1899), ainsi que sur les gens célèbres de la rue Paul Signac. Cela a donné lieu à un premier dossier de ce chapitre de notre blog consacré à l’histoire et à la généalogie de Mme et M. Bréger. Le second dossier concerne les faits marquants de la vie de Adrien Bréger qui fut propriétaire de l’imprimerie Hélio-Cachan (en faillite en 1975) et créateur de la carte postale Iris, mais aussi celle de son beau-frère l’avocat Samuel Spanien (1896-1952). Cet avocat juif, époux de Simone Bréger, sœur aînée d’Adrien, prit des risques considérables en défendant Léon Blum devant la Cour suprême de justice instituée par le gouvernement de Vichy le 30 juillet 1940 ; Blum fut accusé d’avoir « trahi les devoirs de sa charge dans les actes qui ont concouru au passage de l’état de paix à l’état de guerre avant le 4 septembre 1939 et dans ceux qui ont ultérieurement aggravé les conséquences de la situation ainsi créée ». Dans le procès qui s’annonçait à Riom (Puy-de-Dôme), Léon Blum put compter sur le soutien de trois avocats. Deux d’entre eux sont des hommes politiques connus pour leurs convictions socialistes : Félix Gouin et André Le Troquer. Leur confrère Samuel Spanien ne bénéficiait pas d’une notoriété comparable, mais allait jouer un rôle essentiel en assistant Léon Blum, celui qui deviendra bientôt un ami. Le troisième dossier est l’histoire généalogique de Adrien Bréger et de Marie-Louise Fribourg sa femme. C’est l’histoire d’un couple de juifs parisiens originaires d’Alsace-Lorraine qui résume celle des Juifs d’Europe occidentale : Allemagne, Espagne et Portugal, Italie, Pays-Bas et Alsace-Lorraine entre antijudaïsme, intégration liée à l'universalisme des Lumières et antisémitisme. Elle est traversée par une longue période de massacres, les pogroms qui suivirent la Peste noire de 1349, d'accusations de crimes rituels comme celui de Raphael Lévy brûlé vif à Metz en 1670, d'extorsions diverses et d'expulsions des villes où ils résidaient, cela avant même l’extermination perpétuée par les nazis avec l’aide de l’État français. Plusieurs membres de cette famille furent victimes de la Shoah. Le dernier dossier est consacré aux personnalités apparentées : l’étudiante parisienne Hélène Berr (1921-1945), Lucy Dreyfus née Hadamard (1869-1945), Camille Sée (1847-1919), Adolphe Crémieux (1796-1880), Jean Zay (1904-1944), Pierre Mendes-France (1907-1982), Jeanne Blum née Levylier (1899-1982) et Antoine Veil (1926-2013), époux de celle qui sera Ministre de la Santé Simone Veil née Jacob (1927-2017). À travers l’histoire du couple Bréger Fribourg, ce sont des pans de notre histoire locale et régionale, avec les communautés juives d’Alsace-Lorraine mais aussi notre histoire nationale, notamment de 1939 à 1945, que nous découvrons. Annie Thauront

Lire le dossier : La rue Paul Signac

Lire le dossier : L’imprimeur-éditeur Adrien-Armand Bréger, propriétaire du 15 rue du 8 mai 1945 et son beau-frère l’avocat Samuel Spanien

Lire le dossier : Ascendance de Marie-Louise Fribourg et de Adrien-Armand Bréger

Lire le dossier : Des personnalités d’origine juives apparentées à Adrien-Armand Bréger et à Marie-Louise Fribourg, son épouse.

La descendance Caristie

Philippe Joseph Caristie
La famille Caristie est une famille d’origine piémontaise. Six frères Caristie, tous architectes, viennent s’installer en Bourgogne au début du 18ème siècle. : à Dijon et Saulieu, Avallon, Corbigny et dans l’Ain. L’un  deux, Michel-Ange Caristie travaille à Amiens, Paris, Sens, Saulieu et Autun. Son fils Jean-Antoine, établi à Dijon rayonne sur toute la Côte d’Or et la Haute-Marne où il construit des églises, des abbayes, des châteaux et des hôtels particuliers. Léa Caristie-Martel (1865-1933) sera la dernière à porter le nom de Caristie. Marie-Anne Caristie (1756-1829), fille de Jean-Antoine, épouse en 1775, Gérard Boüault, secrétaire de l’Intendance de Bourgogne. Ils auront six enfants et par ceux-ci le sang des Caristie coule chez tous leurs descendants, dont mon épouse.. Pierre Maussion

Lire le dossier sur la descendance Caristie


Le quartier d'Arcueil, dit Plateau-Kergomard.

Impasse Vuilleminot (DR)
Le quartier d'Arcueil, dit Plateau-Kergomard, situé près de Villejuif autour du carrefour des avenues Vaillant-Couturier et Gabriel Péri est resté essentiellement agricole jusqu'au début du XXe siècle. Ce sont tout d'abord des cultures de blé, comme partout sur le plateau de Longboyau, puis des jardins maraîchers. Des pépinières et des champs de luzerne s’y trouvent jusqu’en 1920. Les vignes sont mentionnées dès le XIVe siècle sur tous les lieux-dits qui entourent le carrefour. Même si les vignes étaient présentes sur les deux versants de la vallée de la Bièvre, les Quatre chemins semblent avoir occupé une place particulière dans l'activité des vignerons.
Comme partout en Ile-de-France, la vigne décline dans la 2e moitié du XIXe siècle, principalement à cause de l'arrivée du chemin de fer : en déversant sur le marché parisien les crus du sud de la France réputés bien meilleurs, il fait disparaître la production locale. A Arcueil, s'ajoute le fort développement des carrières qui fournissent en pierre à bâtir le marché parisien. De grandes carrières se trouvaient sur le plateau, parmi lesquelles celle dite des Géants. C'est dans l'une de ces carrières, convertie en champignonnière, probablement située sur le territoire du Kremlin Bicêtre vers l'intersection de Villejuif et d'Arcueil, que se déroule en 1897 le fait divers connu comme l'affaire Carrara. En novembre, l'exploitant, Angelo Carrara, tue et fait brûler dans sa champignonnière un commis de banque venu encaisser une traite.
Le grand traumatisme se produit au milieu du XXe siècle. L’autoroute de l’État mit à mal la tranquillité des habitants du plateau et affecta gravement la continuité de ce quartier avec le reste de la commune. Henri Toulouze



Une recherche sur l’origine du nom « Montmort » donné à un fief arcueillais à partir du XVIe siècle et Le poète Jean-François de Saint-Lambert et les femmes qu’il aima : Catherine de Boufflers, Émilie du Châtelet et Sophie d’Houdetot.

Jean-François de Saint-Lambert 
Le nom « Montmort » a été donné en 1878 à une très ancienne rue d’Arcueil. D’où vient ce nom ? c’est la question posée par notre conservateur du patrimoine. J’ai donc poursuivi l’histoire des Sainctot, seigneurs de Lardenay et des Vize, seigneurs pour partie d’Arcueil par une recherche sur le nom « Montmort » évoqué pour le sieur Pierre Reynault, seigneur du fief de Montmort en 1555, fief racheté par Claude Vize (v.1565-1612) en 1603. Cette recherche m’a conduite à Françoise Mariette (1610-1690), dame de Montmort, mariée à Paul Fréart de Chantelou, important collectionneur de tableaux de Nicolas Poussin et à Henri-Louis Habert de Montmort (1603-1679), seigneur du Mesnil-Saint-Denis, lié au peintre Philippe de Champaigne. Ils ont fréquenté tous les trois l’hôtel de Rambouillet comme le poète Voiture, qui fut l’amant de la précieuse Mme de Sainctot (1600-1666), belle-sœur de Jean-Baptiste de Sainctot, maître de cérémonies et que nous avons découverte dans un beau portrait qu’elle fit d’elle-même. Cette recherche sur les Habert de Monmort s’est continuée après la découverte d’un mariage le 13 janvier 1631 de Marguerite Bobye, fille de Marguerite Vize et Louis Bobye avec Pierre Habert, un descendant d’une branche cadette des Habert de Montmort. Malgré ces tentatives, je n’ai pas réussi à trouver l’origine du nom « Montmort ». Le nom n’a pas été transmis au fief arcueillais par ces familles. Mon hypothèse est que c’est une réminiscence de son sens étymologique « Mont des Morts », car Arcueil fut une nécropole au Haut Moyen-Age. En poursuivant la recherche généalogique, j’ai fait une découverte. Dans la descendance de Marguerite Bobye (et donc de Claude Vize, décédé en 1574, marchand-mercier et bourgeois de Paris), est apparu  Jean-François de Saint-Lambert (1716-1803), militaire, poète, philosophe et académicien au Siècle des Lumières. Il fut l’amant de femmes « célèbres » : Catherine de Boufflers, Émilie du Châtelet et Sophie d’Houdetot et ami de Charles-Juste de Beauvau-Craon. Comme Voltaire, Jean-François de Saint-Lambert fait partie des écrivains anti-esclavagistes du XVIIIe siècle. Je vous invite à lire ces deux nouvelles histoires. Annie Thauront

La descendance de Claude Symonet et ses liens avec Arcueil

La descendance de C. Symonet (DR)
Le confinement a parfois du bon ! Il y a au moins vingt ans, j’avais commencé à écrire une histoire des familles Tardif et Symonet (des ascendants de mon épouse) et puis j’étais passé à autre chose. Lors du premier confinement, je me suis replongé dans mon dossier et dans des centaines de photocopies d’actes notariaux du 17ème siècle, faites alors aux Archives nationales.

Je suis reparti d’un couple de drapiers parisiens Claude Symonet (1588-1660) et son épouse Marguerite Hacte (1597-1651). Claude a une boutique rue Saint-Denis, mais il a aussi des comptoirs à Lyon, Venise et Florence et il a fait fortune, ce qui lui a permis d’acheter une maison de campagne à Bourg la Reine (qui sera le siège en 1722 d’un évènement historique). Ce couple aura au moins cinq enfants et on peut estimer sa descendance à environ 15000 personnes et si l’on rajoute les conjoints, on doit approcher les 30 000 personnes. Mon problème n’a donc pas été de leur trouver des descendants mais de choisir parmi ces 30 000 personnes, celles qui sortaient de l’ordinaire et qui méritaient que l’on raconte leur histoire.

Je cite en vrac : Brigitte Bardot, Nicolas Foulon, moine bénédictin et ancêtre de tous les membres de la famille Mezzara (dont Léa Seydoux), Louis de Brancas, neveu de Françoise de Brancas, dame d’Arcueil (il a épousé Diane-Adélaïde de Mailly-Nesle, une des maîtresses de Louis XV), Anne Marie Chassaigne, courtisane, princesse et sainte, plus connue sous le nom de Liane de Pougy, son fils héros de l’aviation, Paul Mezzara, qui fait fortune à Venise et se fait construire à Paris par Hector Guimard, un hôtel particulier Art nouveau, qui existe toujours, sa fille Yvonne Mezzara et son mari Jacques Sadoul, condamné à mort en 1919 pour désertion, ami de Jaurès, Lénine, et avocat en 1945 d’Eugène Schueller, fondateur de l’Oréal, Pierre Louis Sourdon-Dumesniel, maître à écrire de Louis XVII et qui en 1844 rencontre et reconnaît Louis XVII , Victor Hugues, qui abolit l’esclavage à la Martinique, héros du livre d’Alejo Carpentier « Le siècle des lumières », un chancelier allemand, la famille Lamoignon, alliée des Tardif, la famille Jacquin et son plus célèbre représentant Nicolas Joseph Jacquin, Jenny de Thelusson, dont la grand-mère fait construire en 1778 par Claude Nicolas Ledoux, l’hôtel de Thelusson, propriété successivement des Thelusson, puis de Murat, Napoléon et du Tsar de Russie, etc…
Pierre Maussion

Lire le dossier sur la descendance de Claude Symonet

Une saga famillale arcueillaise, celle des Vize, seigneurs pour partie d'Arcueil et des Sainctot, seigneurs de Lardenay

Nicolas de Sainctot (DR)

Nicolas II de Sainctot (1632-1713), fils de Nicolas I de Sainctot, fit carrière dans le cérémonial sous Louis XIV. Il fut maître de cérémonies puis introducteur des ambassadeurs à la cour de Versailles. Son fils Nicolas-Sixte (1674-1753) fut lui-aussi Introducteur des Ambassadeurs, à la fin du règne de Louis XIV, sous la Régence, et sous Louis XV. Les Sainctot furent propriétaires à Arcueil de la propriété qui deviendra le parc Laplace. Ils portent le titre de seigneurs de Lardenay. Nicolas II de Sainctot était le petit-fils de Pierre Sainctot décédé en 1639, un tres riche bourgeois de Paris, teinturier en soie, qui épousa Anne Vize; celle-ci était fille de Claude Vize, né en 1528 à Lyon et décédé en 1574, riche marchand mercier parisien. Claude Vize acheta à Arcueil entre 1557 et 1574 une ferme, des terres et des vignes dont un pré au lieu dit Lardenais (Arthenay dans la transcription de son inventaire après décès). Pierre Sainctot et Anne Vize, fille de Claude, en hériteront en 1588 et les transmettront à leurs enfants. Claude Vize par la possession de cette terre est donc à l’origine du titre de Lardenay.  Dans la descendance de Claude Vize, on trouve une autre grande famille arcueillaise, les Vize, qui furent seigneurs pour partie d'Arcueil, et qui possédaient le fief de Montmort. Quant à la propriété des Sainctot, héritée de Claude Vize, c'était une ferme située dans le centre du village à proximité de la Grande Rue. Elle deviendra château avec le Président Pierre-Louis Thomas de L'Isle décédé en 1720 et son épouse Anne-Françoise-Louise Boucherat, décédée en 1740. Celle-ci était la demi-soeur utérine de Simon-Emérit de Vize, descendant à la 4eme génération de Claude Vize. Cette saga familiale couvre une longue période de François 1er à Louis XV. Si des Sainctot et des Vize ont laissé leur nom comme parrain dans des actes de baptêmes de la paroisse d'Arcueil, seule une rue porte encore le nom de Lardenay, évoquant la seigneurie et une autre porte le nom de Montmort, évoquant le domaine des Vize. Alors partons à la découverte de cette saga. Annie Thauront

Lire le dossier : Nicolas II de Sainctot, seigneur de Vémars et de Lardenay

Lire le dossier : Les maîtres de cérémonies Jean-Baptiste et Nicolas de Sainctot

Lire le dossier : Le marchand drapier de Paris Étienne Sainctot

Lire le dossier : Le marchand mercier parisien Claude Vizé

Le centenaire de la séparation d’Arcueil et de Cachan

La fin du XIXe siècle est marquée par un double mouvement dans la région parisienne : une urbanisation croissante accompagnant le développement industriel et une redéfinition pour différentes raisons des limites territoriales des communes de la banlieue. Ce mouvement de fin de siècle et du début du XXe siècle, faisait suite à l’annexion par Paris des territoires situés à l’intérieur de l’enceinte de Thiers quelques décennies plus tôt. Le mouvement des limites territoriales était soit la conséquence de la volonté de l’État de compenser les pertes territoriales de certaines communes (cas de Montrouge) soit de la volonté politique d’une partie des populations locales de trouver leur indépendance par la séparation (cas de Cachan et du Kremlin-Bicêtre).

Dans le cadre du centenaire de la séparation d’Arcueil et de Cachan, Les Ateliers du Val-de-Bièvre ont organisé un colloque le 8 octobre. Il s’est tenu le matin au Centre Marius Sidobre d’Arcueil et l’après-midi dans le patio de la mairie de Cachan.

Après la présentation de la famille Raspail laquelle a définitivement marqué l’histoire d’Arcueil et Cachan, ce colloque a essayé de montrer le contexte général des unions et désunions des communes puis le sort mouvant des communes de Montrouge, d’Arcueil, de Gentilly et du Kremlin-Bicêtre. Dans un deuxième temps, la séparation d’Arcueil et de Cachan a été éclairée par les démarches politiques contradictoires et les procédures administratives et enfin a mis en lumière les divers acteurs qui sont intervenus dans l’ensemble du processus de séparation.
Pour ma part, j’ai présenté les bouleversements de la Banlieue sud de Paris. Henri Toulouze

Lire le dossier sur les bouleversements de la Banlieue sud de Paris.