Jeudi 18 mars à 18h30 : De ces femmes blessées

Fernand Iveton et Hélène Ksiazek
Hélène Ksiazek est décédée à 76 ans à Arcueil le 10 mai 1998. Le 11 février 1957, un mois après le début de la bataille d’Alger, sa vie basculait. Son mari, l’ouvrier Fernand Iveton, qu’elle avait épousé le 26 juillet 1955 à Alger, venait d’être décapité dans la cour de la prison Barberousse d’Alger. Depuis 1954, elle vivait avec lui au Clos-Salembier, une banlieue populaire d’Alger et travaillait alors comme serveuse dans un restaurant d’entreprise. Fernand Iveton ne fut pas le seul algérien d’origine française rangé aux côtés du FLN qui fut tué, mais il est le seul, après avoir été torturé, à avoir été condamné à mort par un tribunal militaire et exécuté. Il avait tenté, sans intention homicide, de saboter l’usine électrique où il travaillait. Seront évoqués Paul Teitgen, secrétaire général de la préfecture de police d’Alger, qui tenta de s’opposer à la torture et les écrivains Mouloud Féraoun, Emmanuel Robles, Albert Camus et Jean-Paul Sartre dans ce que l’on peut appeler « l’affaire Iveton ». Le 15 mai 1957, des arcueillais s’adressaient à René Coty, Président de la République, pour dénoncer la torture et les exécutions sans jugement et appelaient à manifester. Alors que le jeune mathématicien Maurice Audin, assassiné le 21 juin 1957 par les parachutistes du général Massu, est devenu un symbole de la terreur d’État et désormais reconnu comme tel, Fernand Iveton, victime lui-aussi de la terreur d’État, n’a pas été réhabilité par les autorités françaises, cela malgré les démarches de son épouse. Celle-ci, dès l’arrestation de son mari connue, refusa de l’abandonner à son sort. Sans le roman de Joseph Andras paru en 2016 « De nos frères blessés », découvert à la médiathèque d’Arcueil et sans le livre de Jean-Luc Einaudi « Pour l’exemple, l’affaire Fernand Iveton », j’aurais ignoré cette histoire. J’ai voulu tirer de l’oubli l’arcueillaise Hélène Ksiazek et son époux l’algérois Fernand Iveton et contribuer aux initiatives prises pour la commémoration de la fin de la guerre d’Algérie. Annie Thauront

Lire le dossier sur Hélène Ksiazek et Fernand Iveton 

La descendance de Claude Symonet

Le confinement a parfois du bon ! Il y a au moins vingt ans, j’avais commencé à écrire une histoire des familles Tardif et Symonet (des ascendants de mon épouse) et puis j’étais passé à autre chose. Lors du premier confinement, je me suis replongé dans mon dossier et dans des centaines de photocopies d’actes notariaux du 17ème siècle, faites alors aux Archives nationales.

Je suis reparti d’un couple de drapiers parisiens Claude Symonet (1588-1660) et son épouse Marguerite Hacte (1597-1651). Claude a une boutique rue Saint-Denis, mais il a aussi des comptoirs à Lyon, Venise et Florence et il a fait fortune, ce qui lui a permis d’acheter une maison de campagne à Bourg la Reine (qui sera le siège en 1722 d’un évènement historique). Ce couple aura au moins cinq enfants et on peut estimer sa descendance à environ 15000 personnes et si l’on rajoute les conjoints, on doit approcher les 30 000 personnes. Mon problème n’a donc pas été de leur trouver des descendants mais de choisir parmi ces 30 000 personnes, celles qui sortaient de l’ordinaire et qui méritaient que l’on raconte leur histoire.

Je cite en vrac : Brigitte Bardot, Nicolas Foulon, moine bénédictin et ancêtre de tous les membres de la famille Mezzara (dont Léa Seydoux), Louis de Brancas, neveu de Françoise de Brancas, dame d’Arcueil (il a épousé Diane-Adélaïde de Mailly-Nesle, une des maîtresses de Louis XV), Anne Marie Chassaigne, courtisane, princesse et sainte, plus connue sous le nom de Liane de Pougy, son fils héros de l’aviation, Paul Mezzara, qui fait fortune à Venise et se fait construire à Paris par Hector Guimard, un hôtel particulier Art nouveau, qui existe toujours, sa fille Yvonne Mezzara et son mari Jacques Sadoul, condamné à mort en 1919 pour désertion, ami de Jaurès, Lénine, et avocat en 1945 d’Eugène Schueller, fondateur de l’Oréal, Pierre Louis Sourdon-Dumesniel, maître à écrire de Louis XVII et qui en 1844 rencontre et reconnaît Louis XVII , Victor Hugues, qui abolit l’esclavage à la Martinique, héros du livre d’Alejo Carpentier « Le siècle des lumières », un chancelier allemand, la famille Lamoignon, alliée des Tardif, la famille Jacquin et son plus célèbre représentant Nicolas Joseph Jacquin, Jenny de Thelusson, dont la grand-mère fait construire en 1778 par Claude Nicolas Ledoux, l’hôtel de Thelusson, propriété successivement des Thelusson, puis de Murat, Napoléon et du Tsar de Russie, etc…
Pierre Maussion

Lire le dossier sur la descendance de Claude Symonet

La famille Jacquin

Françoise Symonet, dont j’ai raconté l’histoire dans le dossier « Claude Symonet et Marguerite Hacte » épouse, avant 1659, Philippe Poquelin, cousin germain d’un certain Jean-Baptiste Poquelin, plus connu sous le nom de Molière.

Leur fille Catherine Poquelin épouse, en 1693 à Paris, Claude Jacquin, marchand drapier à Paris. En faisant la généalogie de la famille Jacquin, j’ai découvert des ramifications internationales : une branche s’installe à la Martinique et une aure aux Pays-Bas, puis en Autriche.

La branche martiniquaise s’illustre particulièrement au moment de la Révolution en la personne du général Victor Hugues (1762-1826), qui abolit l’esclavage à la Martinique. Il est le héros principal du livre « le siècle des Lumières » de l’écrivain cubain Alejo Carpentier.

La branche hollando-autrichienne s’illustre principalement avec Nicolas Joseph Jacquin (1727-1817), un célèbre botaniste et amateur de musique. Il fait appel pour l’instruction musicale de ses enfants à un jeune artiste viennois qui a besoin d’arrondir ses fins de mois, un certain Wolfgang Amadeus Mozart…. Pierre Maussion

Lire le dossier : La famille Jacquin

La famille Mezzara

Auto-portrait de François Mezzara
Angélique Foulon est une descendante à la 7ème génération de Marguerite Symonet et Nicolas Tardif. Son père Nicolas Foulon est un moine bénédictin défroqué, sa mère Marie Louise Marotte du Coudray descend d’une famille de conseillers du roi, et d’artistes : des architectes,  Jacques IV Gabriel, architecte du roi, constructeur du Pont-Royal à Paris, d’Edme Delisle, peintre ordinaire du roi, de Germain Gaultier, architecte et sculpteur, d’Absalon Mansart, père de François Mansart.
Avec une telle hérédité les descendants d’Angélique Foulon et de François Mezzara sont tous plus ou moins artistes : peintres, sculpteurs, photographes, ils travaillent dans le cinéma comme assistant réalisateur, monteurs et aujourd’hui on trouve encore dans leur 7ème génération une actrice célèbre : Léa Seydoux. On croise aussi dans mon récit Lenine et Trotsky, Jaurès et Hector Guimard et d’autres…  Pierre Maussion

Lire le dossier : La famille Mezzara

Histoires des propriétaires successifs de 1757 à 1938 d’une maison bourgeoise arcueillaise devenue en 1834 la Maison de campagne du Collège des Irlandais

Revisitant les grands domaines d’Arcueil-Cachan pour effectuer un état des lieux de la commune à la veille de la Révolution française, j’ai été amenée à consulter les archives mises en ligne par le Centre culturel irlandais sur la propriété que possédait le Collège des Irlandais à Arcueil. Cela m’a permis de constituer une base de données des propriétaires successifs d’une « maison bourgeoise » située dans le quartier des Irlandais à Arcueil, où sont la cité HLM des Irlandais (construite entre 1958 et 1960), le parc Erik Satie inauguré le 25 juin 1966 par Marcel Trigon et Darius Milhaud et l’Ehpad « la Maison du Grand Cèdre » ouvert en 2012. Dans cette cité HLM des Irlandais à l’escalier 17, bâtiment G, vécut de 1960 à son décès le 10 mai 1998, Mme Hélène Ksiazek, veuve de l’algérois d’origine européenne Fernand Iveton qui fut « guillotiné pour l’exemple » le 11 février 1957 à Alger. (voir notre article les concernant sur ce blog intitulé De ces femmes blessées). 

Aucune des archives consultées du Centre culturel irlandais ne mentionne une quelconque propriété du Collège des Irlandais avant 1834, date à laquelle son supérieur, le révérend Mac-Sweeny, achète pour 46 500 F à l’architecte Hubert Rohault de Fleury une « maison bourgeoise » avec son parc et ses jardins située 99 rue de la Fontaine à Arcueil. La maison n’eut pas moins de dix propriétaires successifs de 1757 jusqu’à 1938. Je présente l’histoire et la généalogie de six d’entre eux. N’est pas développée la période contemporaine figurant au dossier de Henri Toulouze intitulé « Les Irlandais de la maison de campagne d’antan à la cité d’aujourd’hui » paru sur le blog de la médiathèque d’Arcueil, quand la propriété devint siège des laboratoires Innothéra du pharmacien Chantereau, la Cité HLM « Les Irlandais » et l’établissement pour personnes âgées « La Maison du Grand Cèdre ». Cette recherche, initiée par le conservateur du patrimoine d’Arcueil, tente de répondre à plusieurs interrogations de Henri Toulouze figurant dans son dossier. Je pense y avoir réussi. Cela fut pour moi l’occasion de raconter, plus qu’une histoire des propriétaires d’une maison arcueillaise, celle de Paris et de ses représentants de corporations disparues à la Révolution, de ses artistes et de sa bourgeoisie fortunée, telle que l’on peut la découvrir grâce aux portraits de Dominique Ingres et aux comédies de Eugène Labiche, tous deux apparentés aux propriétaires de la dite maison. Bonne lecture à tou(te)s d’une recherche qui couvre encore une fois une longue période historique de Louis XV à la Troisième République.

L’histoire des propriétaires de la future « Maison des Irlandais » est présentée en quatre dossiers :

En premier lieu : l’affaire de l’imprimerie clandestine du clergé, avec l’histoire et la généalogie du procureur à la cour des monnaies Jean-Claude Bailly (1729-1765) et son épouse Marie-Louise Langlois, de l’abbé Pierre-François Lechanteux décédé en 1785, aumônier du Duc d’Orléans et du libraire-imprimeur de l’Almanach royal Laurent-Charles d’Houry (1723-1786) et son épouse Jeanne Nérat. 

Dans la seconde partie : Antoine-Christophe Gerdret (1749-1793) négociant de mousseline pour Marie-Antoinette devenu fabricant de draps à la Révolution, son épouse Anne Lefébure et leurs fils établis comme filateurs de draps à Louviers et leur descendance. 

En troisième partie, le fabricant de chandelles et député Hippolyte Ganneron (1792-1847), le marchand de draps Jean-Isidore Adeline (1774-1850) et l’architecte Hubert Rohault de Fleury (1777-1846), riches bourgeois parisiens.

et enfin, dans le quatrième et dernière partie de ce dossier, l’histoire du Collège catholique parisien des Irlandais et sa maison de campagne acquise à Arcueil en 1834 avec ses projets de transformation sous l’administration de l’abbé Ouin-La-Croix (1817-1879). 
Annie Thauront




Les Irlandais de la maison de campagne d’antan à la cité d’aujourd’hui


La cité des Irlandais doit son nom au collège catholique des Lombards devenu Irlandais qui s’installa à la fin du XVIIe siècle dans une belle demeure entourée d’un parc. En 1757, elle connut l’affaire dite de l’imprimerie clandestine d’Arcueil. La possession arcueillaise des Irlandais reste dans les mains de ces religieux catholiques jusqu’au début du XXe siècle. Entre les deux guerres, le pharmacien Chantereau acquiert le domaine pour y bâtir ses laboratoires qui deviendront par la suite Innothera. Au début des années 1960, il cède une partie de l’ancien domaine à la Ville qui fait construire, sur le site, la cité dite des Irlandais. L’activité de recherche sera fermée sur ce site qu’en 2004. Elle sera remplacée par la Maison du Grand-Cèdre, établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes. Henri Toulouze

Une saga familiale arcueillaise, celle des Sainctot et Vizé

Nicolas de Sainctot
Dans son étude sur le domaine Laplace, Henri Toulouze ne s’est volontairement pas attardé sur les  Sainctot, qui furent seigneurs de Vémars-en-France et de Lardenay, et propriétaires d’un domaine à Arcueil, celui qui deviendra le parc Laplace. Cette famille méritait une recherche particulière. C’est ce que j’ai réalisé en cherchant à connaître les premiers propriétaires du domaine mais aussi l’origine du titre nobiliaire « seigneur de Lardenay ». Dans sa monographie sur Arcueil et Cachan, L.L Veyssière écrivait (p 102) : « C'est d'abord Pierre de Sainctot, Trésorier des finances, qui détient la seigneurie ; il meurt en 1642 ; c'est ensuite Jean-Baptiste Sainctot, sieur de Vimars, conseiller du Roy et gentilhomme ordinaire de sa Chambre ; il décède en 1652 ; puis Nicolas de Sainctot, Maître de cérémonies, mort en 1655, et enfin un second Nicolas, Introducteur des Ambassadeurs, décédé en 1713 à 81 ans ; c'est le dernier de ce nom à avoir été seigneur d'Arcueil. Le domaine est ensuite passé au Président Pierre de Lisle puis à sa veuve Aîmée-Louise de Bouchavant. C'est Pierre de Lisle qui fit construire la belle et confortable demeure que l'on qualifia de château. » 

Pierre de Sainctot, trésorier des finances à Tours, mort en 1642, ne fut pas le premier de la famille à détenir la propriété. Ce fut son grand père maternel Claude Vizé (1528-1574), marchand mercier parisien, qui acquiert à Arcueil à partir de 1557 une ferme, des vignes et du prieur de l'abbaye de Saint-Denis de l'Estrée un pré au lieu dit Arthenay (Lardenay). La propriété passe à ses "hoirs" puis apres partage, en 1588, au gendre de Claude Vizé (1528-1574), Pierre Sainctot, décédé en 1639, marchand drapier, bourgeois et échevin de Paris, anobli par Henri IV. Ce sont les fils de Pierre et Anne Vizé, Pierre, Jean-Baptiste, Nicolas I de Sainctot et Étienne qui en hériteront et prendront le titre de seigneurs de Lardenais. Nicolas II de Sainctot, le dernier de cette famille, qui fut propriétaire à Arcueil, est le fils de Nicolas I, lui-aussi maître de cérémonies ; il sera maître de cérémonies et introducteur des ambassadeurs sous Louis XIV. La propriété d'Arcueil est alors une ferme située dans le village à proximité de la Grande Rue. Elle deviendra château avec le Président Pierre-Louis Thomas de L'Isle décédé en 1720 et son épouse Anne-Françoise-Louise Boucherat, nièce du chancelier Louis Boucherat, décédée en 1740. Celle-ci est la demi-soeur utérine de Simon-Emérit de Vizé, dont le père Simon de Vizé, trésorier de France dans la généralité de Soissons, décédé en 1667, est le cousin issu de germain de Nicolas II de Sainctot. 

C'est par Nicolas II de Sainctot, maître de cérémonies et introducteur des ambassadeurs, que j'ai commencé cette saga arcueillaise. Vous découvrirez ensuite Pierre et son épouse Marguerite de Vion qui sera la maîtresse du poète Voiture, Jean-Baptiste, Nicolas I et Étienne de Sainctot, seigneurs de Vémars et de Lardenais, puis leur grand-père Étienne (1524-1611) et sa descendance dont Pierre Sainctot, leur père, tous deux marchands drapiers et bourgeois parisiens, et enfin le marchand et bourgeois de Paris Claude Vizé, à l'origine de la propriété et du titre nobiliaire, et sa descendance Vizé. J'ai conscience que cette saga familiale est longue mais elle mérite que l'on s'y attarde. Aussi, profitez bien de vos longues soirées d'hiver pour prendre plaisir à lire cette histoire comme j'ai eu plaisir à l'écrire. Annie Thauront

Lire le dossier : Nicolas II de Sainctot, seigneur de Vémars et de Lardenay

Lire le dossier : Les maîtres de cérémonies Jean-Baptiste et Nicolas de Sainctot

Lire le dossier : Le marchand drapier de Paris Étienne Sainctot

Lire le dossier : Le marchand mercier parisien Claude Vizé

La révolte des vignerons du Languedoc en 1907

Manifestants du village de Saint Bauzely
Au milieu du XIXe siècle, les quatre départements français qui bordent le golfe du Lion se sont spécialisés dans la viticulture. Gard, Hérault, Aude et Pyrénées-Orientales ont su transformer leurs plaines arides en superbes vignobles.

Mais de 1900 à 1906, la production de vin du Languedoc grimpe de 16 à 21 millions d'hectolitres. La surproduction se solde par une mévente et une chute brutale des prix. Ceux-ci sont divisés par deux ou par trois en quelques années. C'est la ruine pour de nombreux Languedociens : petits viticulteurs qui n'arrivent pas à rembourser leurs dettes mais aussi négociants dont le sort est suspendu à celui de la viticulture.

Les Languedociens réclament pour le moins l'abrogation de la loi de 1903 sur la
« chaptalisation » et une surtaxe sur le sucre pour décourager les importations. Mais le Président du Conseil, l'inflexible Georges Clemenceau, ne veut rien entendre.
La concurrence étrangère avec sa surproduction fait rage, les vins trafiqués sont en vente libre sur le marché, et les fraudeurs sont impunis. Dès 1892, les vignerons réclament la suppression du sucrage officiel et le rétablissement des droits de douanes.

Le gouvernement de Paris plus proche des intérêts des riches betteraviers du Nord que du petit peuple des Corbières, fait la sourde oreille. Avec la misère, la colère et la révolte monte à travers le Languedoc. Marcelin Albert, cafetier et vigneron d'Argeliers, dans l'Aude, prend la tête de la révolte. Le 12 mai 1907, il avertit le gouvernement que si rien n'est fait avant le 10 juin, il décrétera la grève de l'impôt. Bruno Teste




Le prénom de Marianne, symbole de la République, aurait été à l’origine celui d’une arcueillaise !


Marianne atelier de moulage Lorenzi Arcueil
D’après plusieurs sources, après le coup d’état du 4 septembre 1797, le prénom de « Marianne » aurait été donné par Paul Barras (30/06/1755-29/01/1829) à la République française avec les prénoms contractés de Marie-Anne Mouhat (2/01/1759-8/01/1813), épouse de Jean-François Reubell (8/06/1740-24/10/1807). En 1797, elle était « la première Dame de France » puisque Jean-François Reubell était alors le premier Président du Directoire. Marie-Anne Mouhat et Jean-François Reubell, tous deux de Colmar, avaient un château à Arcueil. En 1795, Jean-François Reubell avait acheté une propriété à Arcueil qu’il appelait « son jardin », où il se rendait presque chaque soir ; il la vendra en 1806 au savant Pierre-Simon Laplace. Jean-François Reubell ne fait pas partie des hommes célèbres du XVIIIe siècle étudiés par L.L Veyssière dans sa monographie sur Arcueil-Cachan. Il n’y est évoqué que brièvement ainsi que dans les blogs concernant le château Laplace. Et pourtant ! Il est un personnage important de la République à partir de 1789 et plus encore entre le 26 octobre 1795 et le 9 mai 1799. Marie-Anne Mouhat et Jean-François Reubell méritent que l’on s’attarde sur leur histoire. À l’occasion de cette recherche faite à partir de « Jean-François Reubell, l’Alsacien de la Révolution française » de Jean-René Suratteau et Alain Bischoff paru en 1995 pour le bicentenaire du Directoire, j’ai découvert que par son épouse, Jean-François Reubell était apparenté à Jacques-Antoine Priqueler. Jacques-Antoine Priqueler est ce garde du corps du Roi, originaire de Champagney, petit village de Haute-Saône, qui fut l’inspirateur en 1789 de l’article de son cahier de doléances appelé « Vœu de Champagney ». Cet article demande l’abolition de l’esclavage des nègres dans les colonies. La lecture de cette publication sur Marie-Anne Mouhat, « Marianne arcueillaise », et sur Jean-François Reubell devrait donner à ceux, qui ne l’auraient pas lu, l’envie de lire mon étude sur « Les signataires du vœu de Champagney » parue sur ce blog. Annie Thauront


Lire le dossier : Le prénom de Marianne, symbole de la République, aurait été à l’origine celui d’une Arcueillaise.

La construction de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, une conséquence de la défaite de la France en 1870


Dans quelques mois devrait être célébré le cent-cinquantième anniversaire de la Commune de Paris. Le classement aux monuments historiques de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, annoncé mi-octobre 2020, va coïncider avec cet anniversaire. Cela a été vu comme une provocation. En effet, la basilique du Sacré-Cœur, dont la première pierre fut posée le 16 juillet 1875 sur cette colline de Montmartre où débuta la Commune, est considérée comme le symbole de la sanglante répression des Communards par les armées de Thiers. Pour preuves, cette déclaration de Hubert Rohault de Fleury (1828-1910), initiateur de la construction de l’église avec son beau-frère Alexandre Legentil (1821-1889): « Oui, c'est là où la Commune a commencé, là où ont été assassinés les généraux Clément-Thomas et Lecomte, que s'élèvera l'église du Sacré-Cœur ! Malgré nous, cette pensée ne pouvait nous quitter pendant la cérémonie dont on vient de lire les détails. Nous nous rappelions cette butte garnie de canons, sillonnée par des énergumènes avinés, habitée par une population qui paraissait hostile à toute idée religieuse et que la haine de l'Église semblait surtout animer. ». Cet été, je découvrais que cet homme, lié à notre histoire religieuse, était le petit-fils d’un architecte parisien, propriétaire à Arcueil de 1832 à 1834 d’une maison qu’il vendra comme maison de campagne au Collège des Irlandais. Cela m’a incitée à entreprendre une recherche sur l’histoire de la famille Rohault de Fleury et sur l’histoire controversée des origines de cette basilique. En voici les résultats. Mes sources sont les hagiographies de Hubert Rohault de Fleury et de Alexandre Legentil, les compte-rendus des séances de l’Assemblée nationale et les journaux de l’époque. J’ai profité de cette recherche pour évoquer le chevalier de la Barre décapité sous Louis XV pour blasphème, l’adresse de la basilique étant 35 rue du Chevalier-de-la-Barre ainsi que l’église Saint-Pierre de Montmartre, située sur la butte, menacée de démolition avec la construction du Sacré-Cœur ; cette charmante église paroissiale fut sauvée grâce à l’intervention du conseiller municipal Eugène Fournière. Je n’ai développé ni l’histoire de la construction du Sacré-Cœur qui s’étala sur plus de quarante ans ni les choix architecturaux qui furent faits. Bonne lecture à tou(te)s. Annie Thauront

Lire le dossier sur la construction de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre

150e anniversaire de la Guerre de 1870

À Cachan, tombeau de 230 soldats morts au combat en 1870



Entre juillet 1870 et juin 1871, l’année terrible comme le dit l’historien Pierre Milza, la France connut un de ses plus grands drames. Des soldats morts sur le champ de bataille, aux Communards assassinés par Thiers et à la population mitraillée, la France fut ravagée. 100 000 morts au moins dans chaque camp.
Arcueil et sa région ne furent pas épargnées. Des combats se déroulèrent sur son territoire et aux alentours : de Cachan au fort de Montrouge, en passant par Bagneux. Les Arcueillais virent passer à plusieurs reprises les deux armées belligérantes, ils durent se réfugier dans Paris et constater à leur retour le pillage de leurs maisons et de leurs biens.
D’abord, nous examinerons les causes de la guerre franco-prussienne avec la fameuse dépêche d’Ems, puis, nous survolerons le conflit qui se déroula presque exclusivement sur le sol français et connut deux périodes bien distinctes : La première, de défaite en défaite, se solda par la capture de l'empereur Napoléon III et conduisit au siège de Paris ; durant la seconde, des armées républicaines surgies des provinces tentèrent de libérer la capitale. Arcueil et les villes environnantes furent prises dans la tourmente guerrière. Nous examinerons ensuite la vie quotidienne des habitants d’Arcueil et des environs et nous détaillerons les phases de la guerre se déroulant sur notre territoire. Henri Toulouze

Lire le dossier du 150e anniversaire de la guerre de 1870

Annexe n° 1 La défense de Paris

Annexe n° 2 Le fort de Montrouge

Annexe n° 3 Le fort de Bicêtre

Annexe n° 4 Redoute du Moulin de Saquet

Annexe n° 5 Redoute des Hautes-Bruyères

Annexe n° 6 Combats de l'Hay

Annexe n° 7 Bataille de Champigny

Annexe n° 8 batailles de Châtillon

Annexe n° 9 L’affaire de Bagneux

Annexe n° 10 Poèmes et chansons de la guerre de 1870

L’usine malodorante des Hautes Bornes à Arcueil ou les odeurs de Paris

Publicité de 1880
Faisant des recherches sur la famille Raspail à Arcueil, j’ai découvert que Émile Raspail, maire et conseiller général, avait publié en octobre 1880 un petit ouvrage intitulé « des odeurs de Paris ». Il y dénonce une usine située aux Hautes Bornes (le Chaperon vert), usine qui fabriquait un engrais « le sulfate d’ammoniaque » à partir des vidanges parisiennes et dont les émissions malodorantes empuantissaient l’atmosphère. Émile Raspail demande la fermeture de l’usine. Malgré ses interventions auprès de la Préfecture de police, Émile Raspail n’obtiendra pas l’arrêt de la fabrication de l’engrais aux Hautes Bornes. Il écrit en 1880, après un été de canicule quand dégoûtée par des odeurs nauséabondes, infectes, putrides, écœurantes, ignobles, insupportables, abjectes et répugnantes, l'opinion publique s'émeut, la presse s'indigne, et les pouvoirs publiques parisiens créent des commissions. Alors faites comme moi, bouchez vous le nez pour découvrir cette affaire de pollution à une époque où il n’y avait pas encore l’obligation de raccordement au tout-à-l’égout, époque où l’on ne parlait pas encore d’écologie mais où déjà quelques maires se préoccupaient de la santé de leurs concitoyens.  Annie Thauront

Lire le dossier sur L’usine malodorante des Hautes Bornes à Arcueil