Jeudi 20 janvier à 18h30 : L’usine malodorante des Hautes Bornes à Arcueil ou les odeurs de Paris (Conférence reportée à une date future)

Publicité de 1880
Faisant des recherches sur la famille Raspail à Arcueil, j’ai découvert que Émile Raspail, maire et conseiller général, avait publié en octobre 1880 un petit ouvrage intitulé « des odeurs de Paris ». Il y dénonce une usine située aux Hautes Bornes (le Chaperon vert), usine qui fabriquait un engrais « le sulfate d’ammoniaque » à partir des vidanges parisiennes et dont les émissions malodorantes empuantissaient l’atmosphère. Émile Raspail demande la fermeture de l’usine. Malgré ses interventions auprès de la Préfecture de police, Émile Raspail n’obtiendra pas l’arrêt de la fabrication de l’engrais aux Hautes Bornes. Il écrit en 1880, après un été de canicule quand dégoûtée par des odeurs nauséabondes, infectes, putrides, écœurantes, ignobles, insupportables, abjectes et répugnantes, l'opinion publique s'émeut, la presse s'indigne, et les pouvoirs publiques parisiens créent des commissions. Alors faites comme moi, bouchez vous le nez pour découvrir cette affaire de pollution à une époque où il n’y avait pas encore l’obligation de raccordement au tout-à-l’égout, époque où l’on ne parlait pas encore d’écologie mais où déjà quelques maires se préoccupaient de la santé de leurs concitoyens.  Annie Thauront

Lire le dossier sur L’usine malodorante des Hautes Bornes à Arcueil

Jeudi 3 février : Les Hautes-Bornes de la Villa Mélanie au Chaperon-Vert

Un lieu-dit "La Haute-Borne" est mentionné dès le XVe siècle, indiquant on mégalithe ou une borne antique. Sur ce territoire, jusqu’à la fin du XIXe siècle, les terrains situés sur l’emprise actuelle du Chaperon Vert étaient vierges. Puis ils furent peu à peu occupés, par diverses activités : agriculture maraîchère, quelques espaces industriels, mais surtout,
une zone d’habitat précaire : la Villa Mélanie. Ce lotissement de fortune, situé autour de l’actuelle Cinquième rue du Chaperon Vert et auxquelles on accédait depuis l’avenue Jaurès, ne comporte aucun équipement essentiel, des pistes en terre tiennent lieu de voies d’accès aux habitations. Aucune installation sanitaire n’assure l’évacuation. Après de nombreuses péripéties, dans les années 50, la Villa sera démantelée est remplacée par la cité du Chaperon-Vert. Henri Toulouze

Dossier publié après conférence

Jeudi 17 février à 18h30 : La descendance de Claude Symonet et ses liens avec Arcueil

Le confinement a parfois du bon ! Il y a au moins vingt ans, j’avais commencé à écrire une histoire des familles Tardif et Symonet (des ascendants de mon épouse) et puis j’étais passé à autre chose. Lors du premier confinement, je me suis replongé dans mon dossier et dans des centaines de photocopies d’actes notariaux du 17ème siècle, faites alors aux Archives nationales.

Je suis reparti d’un couple de drapiers parisiens Claude Symonet (1588-1660) et son épouse Marguerite Hacte (1597-1651). Claude a une boutique rue Saint-Denis, mais il a aussi des comptoirs à Lyon, Venise et Florence et il a fait fortune, ce qui lui a permis d’acheter une maison de campagne à Bourg la Reine (qui sera le siège en 1722 d’un évènement historique). Ce couple aura au moins cinq enfants et on peut estimer sa descendance à environ 15000 personnes et si l’on rajoute les conjoints, on doit approcher les 30 000 personnes. Mon problème n’a donc pas été de leur trouver des descendants mais de choisir parmi ces 30 000 personnes, celles qui sortaient de l’ordinaire et qui méritaient que l’on raconte leur histoire.

Je cite en vrac : Brigitte Bardot, Nicolas Foulon, moine bénédictin et ancêtre de tous les membres de la famille Mezzara (dont Léa Seydoux), Louis de Brancas, neveu de Françoise de Brancas, dame d’Arcueil (il a épousé Diane-Adélaïde de Mailly-Nesle, une des maîtresses de Louis XV), Anne Marie Chassaigne, courtisane, princesse et sainte, plus connue sous le nom de Liane de Pougy, son fils héros de l’aviation, Paul Mezzara, qui fait fortune à Venise et se fait construire à Paris par Hector Guimard, un hôtel particulier Art nouveau, qui existe toujours, sa fille Yvonne Mezzara et son mari Jacques Sadoul, condamné à mort en 1919 pour désertion, ami de Jaurès, Lénine, et avocat en 1945 d’Eugène Schueller, fondateur de l’Oréal, Pierre Louis Sourdon-Dumesniel, maître à écrire de Louis XVII et qui en 1844 rencontre et reconnaît Louis XVII , Victor Hugues, qui abolit l’esclavage à la Martinique, héros du livre d’Alejo Carpentier « Le siècle des lumières », un chancelier allemand, la famille Lamoignon, alliée des Tardif, la famille Jacquin et son plus célèbre représentant Nicolas Joseph Jacquin, Jenny de Thelusson, dont la grand-mère fait construire en 1778 par Claude Nicolas Ledoux, l’hôtel de Thelusson, propriété successivement des Thelusson, puis de Murat, Napoléon et du Tsar de Russie, etc…
Pierre Maussion

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1939-1945 : L’Eure-et-Loir et les persécutions antisémites

Le 27 novembre 2021 était organisée à la médiathèque de Thiron-Gardais une rencontre avec quelques-uns de ceux qui, enfants, avaient vécu la seconde guerre mondiale et l’occupation dans ce village rural de l’Eure-et-Loir. Ma question posée aux intervenants sur l’existence ou non dans le canton de Thiron-Gardais d’enfants « cachés » n’ayant pas eu de réponse, ce texte se veut être une contribution à ce que fut l’aide apportée, au péril de leur propre vie, malgré le climat de propagande anti-sémite, à ces hommes, ces femmes et ces enfants menacés de mort, déportés vers les camps de concentration nazis parce que juifs, par des habitants de 13 communes dont Montigny-le-Chartif, commune limitrophe de Thiron-Gardais et de Chassant. Ils ont été faits « Justes des Nations ». Ma recherche a porté sur ce que fut l’antisémitisme avec l’arrestation en Eure-et-Loir de 28 enfants de 1942 à 1944 dont 15 enfants, comprenant les deux petits Bajtel de 4 ans et de 2 ans arrêtés à la Croix-du-Perche, commune limitrophe de Thiron-Gardais et de Chassant, qui furent déportés au départ de Drancy pour Auschwitz par le convoi du 7 mars 1944. Cette recherche sur les enfants juifs déportés d’Eure-et-Loir est la continuité de ce que j’ai fait il y a plus de dix ans, à l’occasion d’une recherche généalogique (publiée sur un site américain) sur quatre membres de ma famille « élargie », Avram Vaisbuch, médecin généraliste à Arrou, sa femme Lucie et leurs deux fillettes Liliane 10 ans et Maryvonne 3 ans, tous les quatre morts à Auschwitz. Mes sources ont été les archives communales d’Arrou, le Mémorial de la Shoah et la liste des Justes d’Eure-et-Loir mise en ligne sur Wikipédia. Annie Thauront

Lire de dossier : L’Eure-et-Loir et les persécutions antisémites.

Les Irlandais de la maison de campagne d’antan à la cité d’aujourd’hui.


La cité des Irlandais doit son nom au collège catholique des Lombards devenu Irlandais qui s’installa à la fin du XVIIe siècle dans une belle demeure entourée d’un parc. En 1757, elle connut l’affaire dite de l’imprimerie clandestine d’Arcueil. La possession arcueillaise des Irlandais reste dans les mains de ces religieux catholiques jusqu’au début du XXe siècle. Entre les deux guerres, le pharmacien Chantereau acquiert le domaine pour y bâtir ses laboratoires qui deviendront par la suite Innothera. Au début des années 1960, il cède une partie de l’ancien domaine à la Ville qui fait construire, sur le site, la cité dite des Irlandais. L’activité de recherche sera fermée sur ce site qu’en 2004. Elle sera remplacée par la Maison du Grand-Cèdre, établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes. Henri Toulouze

La rue Branly à Arcueil

 Hélène Amélie Lévi Montefiore
La rue Branly à Arcueil, située à 300 m de la Croix d’Arcueil, ouverte en 1912, n’aurait rien de remarquable s’il n’y avait pas une vingtaine de petites maisons mitoyennes en briques de un étage, toutes semblables, donnant sur la rue avec un jardin derrière. Elle est inscrite au PLU comme lieu à protéger. L’étude de cette rue m’a permis de découvrir la première propriétaire de ce lotissement construit avant 1910 et donc avant les cités-jardins d’Arcueil et de Cachan. Elle s’appelait Mme Hélène Amélie Lévi Montefiore (1857-1932). Elle fit partie de l’aristocratie juive parisienne, sa famille étant liée aux Camondo, Cahen d’Anvers et Reinach. Son fils Seymour de Ricci (1881-1942) fut bibliographe et critique d’art. Il a légué ses collections à plusieurs musées dont le Louvre. L’un de ses petits fils devint célèbre. C’est Pierre Laroque (1907-1997), ce haut fonctionnaire créateur de notre Sécurité Sociale. L’étude de la rue Branly m’a permis d’évoquer ses premiers habitants, ouvriers et employés venus de Province et même de l’étranger, dont quatre ménages qui furent victimes de la Shoah. Deux de ces habitants furent arrêtés par la police du commissariat de Gentilly le 16 avril 1942, le premier jour de la rafle du Vél d’Hiv, il y aura bientôt 80 ans. Cette recherche que je vous invite à partager est donc ma manière de commémorer la rafle du Vél d’Hiv. Annie Thauront

Lire le dossier : La rue Branly à Arcueil

Lire l'annexe Adrien Thuret

Chassant d’hier et d’aujourd’hui

Cette monographie concerne une commune percheronne, Chassant, situé à moins de deux heures de Paris, entre Chartres et Nogent-le-Rotrou (où nous avons notre résidence secondaire depuis quarante ans). C’est l’un des plus petits villages de l’Eure-et-Loir. La personnalité liée à la commune fut le sculpteur de la IIIe République Félix Charpentier, portraitiste exceptionnel et virtuose du mouvement (voir le texte « L’artiste et son modèle » sur ce blog). Félix Charpentier sera maire de Chassant de 1900 à 1908. Outre une analyse démograhique et sociologique de la population, ma recherche a porté sur ses 22 maires depuis la Révolution et sur 19 soldats morts en 1914-1918 dont 15 figurent sur le Monument aux morts représentant un poilu, don de son sculpteur Félix Charpentier ; le monument aux morts a été inauguré il y a un siècle le 30 octobre 1921. Cet article est ma façon de commémorer ce centenaire. On verra aussi comment au début du XIXe siècle, quelques habitants de cette petite commune agricole du Perche (368 habitants en 1836) et de la ville d’Arcueil (1746 habitants en 1836) eurent des liens. Annie Thauront 

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Les Thiroux derniers seigneurs de Chassant

Le village de Chassant (Eure-et-Loir), (où le sculpteur Félix Charpentier avait fait construire une maison ; voir mon article « l’artiste et son modèle » sur ce blog) ne peut pas être évoqué sans qu’il y ait une recherche historique sur les seigneurs de son château disparu après la Révolution : Louis-Lazare Thiroux d’Arconville, président au parlement de Paris et son épouse, la scientifique et femme de lettres, Marie-Geneviève-Charlotte Darlus, aussi renommée en son temps que Emile du Châtelet et leurs trois fils, Louis Thiroux de Crosne, le dernier lieutenant de police de Paris, qui mourut sur l’échafaud sous la Terreur, Claude Thiroux de Gervillier qui hérita du château de Frazé et Alexandre Thiroux de Mondésir, le dernier seigneur du château de Chassant qui en fut dépossédé avec la vente des biens des émigrés. Du château de Chassant, il ne reste plus aujourd’hui que son grenier à blé et son colombier appelé « Tour de Chassant ». Ma grande surprise fut que l’une des propriétés de Louis-Lazare Thiroux d’Arconville dans le Perche devint l’une des propriétés de la multi-millionnaire Palmyre-Anaclette Besson, comtesse de Provigny, propriétaire du château Renaissance « le Fief des Arcs » à Cachan. Ses héritiers en sont toujours propriétaires. Une histoire que je vous invite à découvrir. Annie Thauront

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Arcueil et la Commune de Paris.

Le 18 mars 1871, une émeute éclate à Paris, sur la butte Montmartre. Adolphe Thiers, chef du gouvernement provisoire de la République, fin tacticien ou machiavélique, ne la réprime pas et s'enfuit à Versailles avec tous les corps constitués. C'est le début de la « Commune de Paris ». Encerclés par les Allemands et en guerre avec les Versaillais, maîtres, sans l’avoir réellement voulu de la capitale, les communards qu’on appellera rapidement les fédérés vont essayer au mieux de gérer. Dans cette période insurrectionnelle, la Commune de Paris dura 72 jours, du 18 mars 1871 à la « Semaine sanglante » du 21 au 28 mai 1871. Ce sera pour Thiers et ses amis, l'occasion de se débarrasser de la « question sociale » pour des décennies.
Les habitants d’Arcueil, de Cachan et des environs seront impliqués volontairement souvent avec enthousiasme ou à leurs corps défendants avec crainte voire avec peur, obligeant certains à nouveau à l’exode. La Commune de Paris à Arcueil, à côté de quelques combats sera marquée essentiellement par « l’affaire dite des Dominicains ». Henri Toulouze

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La construction de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre.

Dans quelques mois devrait être célébré le cent-cinquantième anniversaire de la Commune de Paris. Le classement aux monuments historiques de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, annoncé mi-octobre 2020, va coïncider avec cet anniversaire. Cela a été vu comme une provocation. En effet, la basilique du Sacré-Cœur, dont la première pierre fut posée le 16 juillet 1875 sur cette colline de Montmartre où débuta la Commune, est considérée comme le symbole de la sanglante répression des Communards par les armées de Thiers. Pour preuves, cette déclaration de Hubert Rohault de Fleury (1828-1910), initiateur de la construction de l’église avec son beau-frère Alexandre Legentil (1821-1889): « Oui, c'est là où la Commune a commencé, là où ont été assassinés les généraux Clément-Thomas et Lecomte, que s'élèvera l'église du Sacré-Cœur ! Malgré nous, cette pensée ne pouvait nous quitter pendant la cérémonie dont on vient de lire les détails. Nous nous rappelions cette butte garnie de canons, sillonnée par des énergumènes avinés, habitée par une population qui paraissait hostile à toute idée religieuse et que la haine de l'Église semblait surtout animer. ». Cet été, je découvrais que cet homme, lié à notre histoire religieuse, était le petit-fils d’un architecte parisien, propriétaire à Arcueil de 1832 à 1834 d’une maison qu’il vendra comme maison de campagne au Collège des Irlandais. Cela m’a incitée à entreprendre une recherche sur l’histoire de la famille Rohault de Fleury et sur l’histoire controversée des origines de cette basilique. En voici les résultats. Mes sources sont les hagiographies de Hubert Rohault de Fleury et de Alexandre Legentil, les compte-rendus des séances de l’Assemblée nationale et les journaux de l’époque. J’ai profité de cette recherche pour évoquer le chevalier de la Barre décapité sous Louis XV pour blasphème, l’adresse de la basilique étant 35 rue du Chevalier-de-la-Barre ainsi que l’église Saint-Pierre de Montmartre, située sur la butte, menacée de démolition avec la construction du Sacré-Cœur ; cette charmante église paroissiale fut sauvée grâce à l’intervention du conseiller municipal Eugène Fournière. Je n’ai développé ni l’histoire de la construction du Sacré-Cœur qui s’étala sur plus de quarante ans ni les choix architecturaux qui furent faits. Bonne lecture à tou(te)s. Annie Thauront

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L’artiste et son modèle

Félix Charpentier. Léa sortant du bain.
Cet article intitulé « L’Artiste et son modèle » ne concerne ni Arcueil ni Cachan. Il m’a été inspiré par la découverte du modèle et épouse du sculpteur Félix Charpentier (1858-1924) célèbre à la fin du XIXe et au début du XXe s. Cette femme, Léa Lucas (1865-1935), était native de Chassant, un petit village de l’Eure-et-Loir situé à 120 km de Paris. Or depuis plus de quarante ans, notre résidence secondaire voisine avec le Poilu du monument aux morts sculpté par Félix Charpentier. Avec l’Association des amis de l’église (dont je suis), des habitants souhaiteraient donner le nom de place Félix Charpentier à la place de l’église. C’est en appuyant cette démarche que j’ai découvert la vie du sculpteur et de son modèle et épouse. Un descendant de Félix et de Léa Charpentier, M. Daniel Bacchi nous ayant fait visiter cet été la maison de ses ancêtres où sont rassemblées de très nombreuses œuvres du sculpteur, j’ai écrit ce texte. Il concerne Félix Charpentier mais aussi deux autres sculpteurs qui furent ses contemporains Auguste Rodin (1840-1917) et Aristide Maillol (1861-1944). Cet article est un encouragement à faire, lors des Journées du Patrimoine, la découverte des créations, nombreuses dans l’espace public, de ces artistes qui n’auraient pas eu la carrière qu’ils ont eue sans leurs modèles. J’ai tenté de vous en donner un avant goût. Un article concernant le village de Chassant et les derniers propriétaires « nobles » de son château disparu est en cours d’écriture et sera publié sur ce blog. Annie Thauront

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