Jeudi 16 décembre 2021 à 18h30 : Les Hautes-Bornes de la Villa Mélanie au Chaperon-Vert.

Un lieu-dit "La Haute-Borne" est mentionné dès le XVe siècle, indiquant on mégalithe ou une borne antique. Sur ce territoire, jusqu’à la fin du XIXe siècle, les terrains situés sur l’emprise actuelle du Chaperon Vert étaient vierges. Puis ils furent peu à peu occupés, par diverses activités : agriculture maraîchère, quelques espaces industriels, mais surtout,
une zone d’habitat précaire : la Villa Mélanie. Ce lotissement de fortune, situé autour de l’actuelle Cinquième rue du Chaperon Vert et auxquelles on accédait depuis l’avenue Jaurès, ne comporte aucun équipement essentiel, des pistes en terre tiennent lieu de voies d’accès aux habitations. Aucune installation sanitaire n’assure l’évacuation. Après de nombreuses péripéties, dans les années 50, la Villa sera démantelée est remplacée par la cité du Chaperon-Vert. Henri Toulouze

Dossier publié après conférence

Jeudi 2 décembre 2021 à 18h30 : L’usine malodorante des Hautes Bornes à Arcueil ou les odeurs de Paris.

Publicité de 1880
Faisant des recherches sur la famille Raspail à Arcueil, j’ai découvert que Émile Raspail, maire et conseiller général, avait publié en octobre 1880 un petit ouvrage intitulé « des odeurs de Paris ». Il y dénonce une usine située aux Hautes Bornes (le Chaperon vert), usine qui fabriquait un engrais « le sulfate d’ammoniaque » à partir des vidanges parisiennes et dont les émissions malodorantes empuantissaient l’atmosphère. Émile Raspail demande la fermeture de l’usine. Malgré ses interventions auprès de la Préfecture de police, Émile Raspail n’obtiendra pas l’arrêt de la fabrication de l’engrais aux Hautes Bornes. Il écrit en 1880, après un été de canicule quand dégoûtée par des odeurs nauséabondes, infectes, putrides, écœurantes, ignobles, insupportables, abjectes et répugnantes, l'opinion publique s'émeut, la presse s'indigne, et les pouvoirs publiques parisiens créent des commissions. Alors faites comme moi, bouchez vous le nez pour découvrir cette affaire de pollution à une époque où il n’y avait pas encore l’obligation de raccordement au tout-à-l’égout, époque où l’on ne parlait pas encore d’écologie mais où déjà quelques maires se préoccupaient de la santé de leurs concitoyens.  Annie Thauront

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Jeudi 18 novembre 2021 à 18h30 : Les Irlandais de la maison de campagne d’antan à la cité d’aujourd’hui.


La cité des Irlandais doit son nom au collège catholique des Lombards devenu Irlandais qui s’installa à la fin du XVIIe siècle dans une belle demeure entourée d’un parc. En 1757, elle connut l’affaire dite de l’imprimerie clandestine d’Arcueil. La possession arcueillaise des Irlandais reste dans les mains de ces religieux catholiques jusqu’au début du XXe siècle. Entre les deux guerres, le pharmacien Chantereau acquiert le domaine pour y bâtir ses laboratoires qui deviendront par la suite Innothera. Au début des années 1960, il cède une partie de l’ancien domaine à la Ville qui fait construire, sur le site, la cité dite des Irlandais. L’activité de recherche sera fermée sur ce site qu’en 2004. Elle sera remplacée par la Maison du Grand-Cèdre, établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes. Henri Toulouze

Jeudi 7 octobre 2021 à 18h30 : Arcueil et la Commune de Paris.

Le 18 mars 1871, une émeute éclate à Paris, sur la butte Montmartre. Adolphe Thiers, chef du gouvernement provisoire de la République, fin tacticien ou machiavélique, ne la réprime pas et s'enfuit à Versailles avec tous les corps constitués. C'est le début de la « Commune de Paris ». Encerclés par les Allemands et en guerre avec les Versaillais, maîtres, sans l’avoir réellement voulu de la capitale, les communards qu’on appellera rapidement les fédérés vont essayer au mieux de gérer. Dans cette période insurrectionnelle, la Commune de Paris dura 72 jours, du 18 mars 1871 à la « Semaine sanglante » du 21 au 28 mai 1871. Ce sera pour Thiers et ses amis, l'occasion de se débarrasser de la « question sociale » pour des décennies.
Les habitants d’Arcueil, de Cachan et des environs seront impliqués volontairement souvent avec enthousiasme ou à leurs corps défendants avec crainte voire avec peur, obligeant certains à nouveau à l’exode. La Commune de Paris à Arcueil, à côté de quelques combats sera marquée essentiellement par « l’affaire dite des Dominicains ». Henri Toulouze

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Jeudi 23 septembre 2021 à 18h30: La construction de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre.

Dans quelques mois devrait être célébré le cent-cinquantième anniversaire de la Commune de Paris. Le classement aux monuments historiques de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, annoncé mi-octobre 2020, va coïncider avec cet anniversaire. Cela a été vu comme une provocation. En effet, la basilique du Sacré-Cœur, dont la première pierre fut posée le 16 juillet 1875 sur cette colline de Montmartre où débuta la Commune, est considérée comme le symbole de la sanglante répression des Communards par les armées de Thiers. Pour preuves, cette déclaration de Hubert Rohault de Fleury (1828-1910), initiateur de la construction de l’église avec son beau-frère Alexandre Legentil (1821-1889): « Oui, c'est là où la Commune a commencé, là où ont été assassinés les généraux Clément-Thomas et Lecomte, que s'élèvera l'église du Sacré-Cœur ! Malgré nous, cette pensée ne pouvait nous quitter pendant la cérémonie dont on vient de lire les détails. Nous nous rappelions cette butte garnie de canons, sillonnée par des énergumènes avinés, habitée par une population qui paraissait hostile à toute idée religieuse et que la haine de l'Église semblait surtout animer. ». Cet été, je découvrais que cet homme, lié à notre histoire religieuse, était le petit-fils d’un architecte parisien, propriétaire à Arcueil de 1832 à 1834 d’une maison qu’il vendra comme maison de campagne au Collège des Irlandais. Cela m’a incitée à entreprendre une recherche sur l’histoire de la famille Rohault de Fleury et sur l’histoire controversée des origines de cette basilique. En voici les résultats. Mes sources sont les hagiographies de Hubert Rohault de Fleury et de Alexandre Legentil, les compte-rendus des séances de l’Assemblée nationale et les journaux de l’époque. J’ai profité de cette recherche pour évoquer le chevalier de la Barre décapité sous Louis XV pour blasphème, l’adresse de la basilique étant 35 rue du Chevalier-de-la-Barre ainsi que l’église Saint-Pierre de Montmartre, située sur la butte, menacée de démolition avec la construction du Sacré-Cœur ; cette charmante église paroissiale fut sauvée grâce à l’intervention du conseiller municipal Eugène Fournière. Je n’ai développé ni l’histoire de la construction du Sacré-Cœur qui s’étala sur plus de quarante ans ni les choix architecturaux qui furent faits. Bonne lecture à tou(te)s. Annie Thauront

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Grandir après la Shoah : la Maison d’enfants d’Arcueil

Place Lavoisier
Le 17 décembre 1949, en présence du maire Marius Sidobre, était inaugurée au 1 place Lavoisier à Arcueil une maison destinée à servir de foyer à des orphelins de déportés et de fusillés. La Maison d’enfants d’Arcueil, ouverte par la Commission Centrale de l’Enfance (CCE) de l’Union des Juifs pour la Résistance et l’Entraide (UJRE), fermera à l’été 1958. Grâce à la solidarité, la plupart des enfants de ces maisons réussiront à se reconstruire. L’Arcueillais Marcel Uziel, fils de Vida Cohen décédée de la tuberculose en 1938 et de Yassef Uziel, juif originaire de Constantinople, arrêté en 1941, déporté et assassiné par les nazis en 1945, fut logé dans la Maison d’enfants d’Arcueil. Il demande depuis plusieurs années qu’une plaque soit apposée sur la maison du 1 place Lavoisier pour rappeler qu’elle abrita des enfants et adolescents dont les parents arrêtés lors de la rafle du billet vert ou lors de la rafle du Vel’ d’Hiv furent des victimes du nazisme. C’est pour répondre à l’attente de Marcel Uziel que j’ai effectué cette recherche intitulée « Grandir après la Shoah : la Maison d’enfants d’Arcueil ». Dans le texte, je raconte l’histoire de quelques-unes des maisons d’enfants de la CCE dont celle du Manoir de Denouval à Andrésy et celle d’Arcueil mais aussi la destinée tragique de quelques-uns de leurs pensionnaires. Cette recherche vient compléter celle effectuée en 2020 sur les résistantes juives de la MOI à l’occasion de la découverte de l’une d’entre elles, Menika Chilischi, qui, arrêtée le 17 novembre 1943 à Arcueil 43 avenue Richaud, déportée par le convoi 67, mourut à Auschwitz. Annie Thauront

Lire le dossier : Grandir après la Shoah, la Maison d’enfants d’Arcueil.

Lire l'annexe : évocation de la maison d'enfants d'Arcueil par Robert Bober

L’accident ferroviaire du 30 mars 1905 à Arcueil-Cachan

Le jeudi 30 mars 1905, jour de la Mi-Carême, fête carnavalesque traditionnelle, le train semi direct 41 et ses quatorze voitures attelées à la locomotive 2200, a quitté la gare du Luxembourg à 6h12 à destination de Limours. À 6h23, il quittait la gare d’Arcueil – Cachan… 

À 6h28, au kilomètre 7, le train se trouvait environ à une centaine de mètres du Pont  Royal (route d’Orléans) à la vitesse présumée de 75 km/h, quand brusquement, le rail de droite, dont les traverses reposent sur un sol de glaise, s’écarta sous le poids de la machine. La locomotive changea soudain de direction, décrivit 

un arc de cercle et fonça dans le remblai. Son avant laboura profondément le sol sur longueur de plus de vingt mètres, emportant une masse impressionnante de terre, puis  glissa en crachant des torrents de fumée pour se coucher sur le lit de glaise qu’elle venait de déplacer. 

Le tender et les deux premiers wagons, emportés par l’élan, étaient également sortis des rails. Ils s’écrasèrent  sur la ligne, barrant complètement les voies montantes et descendantes. Les wagons qui suivaient vinrent buter contre eux.  Immédiatement, un retour de flamme se produisit dans le foyer, ce qui eut pour effet de communiquer le feu au tender, puis aux wagons, trouvant dans les boiseries et dans les cousins des banquettes un combustible. Les flammes qu’activait la brise matinale firent du train déraillé un immense brasier… Bruno Teste

Lire le dossier : L’accident ferroviaire du 30 mars 1905 à Arcueil-Cachan

Voir la Une du Petit Journal du 31 mars 1905

Le déraillement du train de voyageurs Paris-Limours et son embrasement le 30 mars 1905 à Arcueil-Cachan : les causes par l’analyse des journaux.

Après la présentation sur ce blog par Bruno Teste de l’accident ferroviaire survenu le 30 mars 1905 à Arcueil-Cachan, voici  l’analyse des causes de cet accident qui fit trois morts et neuf blessés graves. N’ayant pas trouvé les rapports des expertises réalisées, en utilisant vingt ans de savoir-faire professionnel dans le domaine de la sécurité dans le transport ferroviaire, j’ai fait l’analyse de cette catastrophe à partir des journaux parus. De nombreuses questions posées sur les causes de l’accident resteront cependant sans réponse. Il manque notamment les tableaux de service des mécaniciens du train n°41 parti de la gare de Luxembourg le 30 mars au matin avec une trentaine de voyageurs. Il manque aussi les condamnations (s’il y en eut) des divers agents de la Compagnie d’Orléans rendus responsables par l’expert judiciaire et dont nous ignorons l’identité...Dans les jours qui suivirent le déraillement et l’embrasement du train, les journaux ont pour la plupart donné une analyse voisine de la catastrophe mais avec quelques points de vue différents sur les causes et donc sur les responsabilités. Il y eut aussi des journaux qui donnèrent des informations divergentes sur la catastrophe elle-même. Voici donc le résultat de ma « propre expertise » à travers la lecture de la presse (publiée sur Retronews) qui devrait permettre de se faire une opinion sur les causes et donc les responsabilités. Dans l’annexe, on pourra se référer aux documents publiés. Je remercie Bruno de m’avoir suggéré cette recherche. Annie Thauront

Lire le dossier : Le déraillement du train de voyageurs Paris-Limours

Lire l'annexe du dossier : Le déraillement du train de voyageurs Paris-Limours

Ils et elles ont dit NON à une « guerre sans nom » :

les « soldats du refus » et les « porteuses de valises ».

Voulant compléter ce que j’avais écrit sur l’arcueillaise Hélène Ksiazek, veuve du guillotiné pour l’exemple Fernand Iveton, j’ai consulté un article de Wikipédia sur « les soldats du refus », cette quarantaine d’appelés communistes qui, de juillet 1956 à mai 1959, ne quittèrent pas l’Armée mais refusèrent d’aller combattre en Algérie. Que ne fut pas mon étonnement d’y trouver un soldat du contingent cachanais, Guy Bougerol. Cette découverte m’a conduite à faire une recherche sur ces jeunes gens qui, en rendant publique leur refus de participer aux opérations de maintien de l’ordre en Algérie, risquaient deux ans de prison voire davantage. Guy Bougerol, comme tous les autres soldats du refus, fut soutenu par le comité local du Secours populaire français (dont je détaille les actions pendant la guerre d’Algérie). Alors que fin mai 1959, le secrétaire du PCF, Maurice Thorez, demandait que soit mis fin au mouvement des soldats du refus pour privilégier l’action des appelés à l’intérieur de l’Armée, se tenait en août 1960 le premier congrès du mouvement « Jeune Résistance », mouvement officialisé en mai 1959, qui regroupait insoumis et déserteurs anticolonialistes pour la plupart réfugiés en Suisse. Et le 5 septembre 1960 paraissait dans les Temps Modernes de Jean-Paul Sartre une liste de 121 signataires d’une déclaration (immédiatement censurée) proclamant « le droit à l’insoumission ». Ce « Manifeste des 121 » sortait au moment où débutait à Paris, devant le Tribunal Permanent des Forces Armées, le procès des membres du réseau de Francis Jeanson, appelé aussi réseau des « porteurs de valise ». Pourquoi cette publication ? dans les prévenus figurait un déserteur. Parmi les membres du réseau qui apportèrent un soutien clandestin au FLN en hébergeant ses membres, en collectant et transportant des fonds, en éditant et transportant des documents, des tracts et des journaux, il y eut plusieurs femmes qui furent emprisonnées à la Petite Roquette à Paris dont six, après des condamnations à 10 ans d’emprisonnement, firent une remarquable évasion. Dans ces femmes emprisonnées à Paris, il y eut la seconde épouse du physicien cachanais Robert Klapisch, l’historienne Christiane Klapisch-Zuber, spécialiste de l’histoire de la famille, de la transmission du patrimoine, auteure de nombreux livres sur les femmes à Florence de la fin du Moyen-Age à la Renaissance. Cette recherche sur ceux et celles « qui dirent Non à une guerre sans nom » m’a donné l’occasion d’évoquer deux costarmoricains, le soldat du refus Jean Le Meur et la porteuse de valises Annette Beaumanoir. Jean Le Meur, jeune officier qui fit publier ses lettres dans la revue Esprit, fut condamné à deux ans de prison par un tribunal militaire siégeant à Constantine ; professeur agrégé, il enseigna le français au lycée où ma sœur et moi avions fait nos études secondaires et eut notre mère comme collègue. La « doctoresse rouge » Annette Beaumanoir, membre du réseau Jeanson, avait été condamnée à 10 ans de prison ; grâce à des complicités dans le milieu médical, elle put sortir des Baumettes et rejoindre la Tunisie. Annette Beaumanoir fut Résistante, faite Juste parmi les Nations en 1996, soutien au réseau FLN du Sud de la France, médecin en Tunisie auprès des soldats de l’ALN et des populations algériennes déplacées puis après l’Indépendance de l’Algérie, elle fut adjointe du Ministre de la Santé dans le gouvernement de Ben Bella. Retraitée (elle a 97 ans) elle partage sa vie entre sa maison de Saint-Cast-le-Guildo (où j’aurais pu la rencontrer) et celle de Dieulefit (Drôme), ville des Justes. L’action de ces femmes et de ces hommes fut minoritaire. A-t-elle permis à l’opinion française de prendre conscience de la situation en Algérie et permis d’accélérer le processus de paix ? Peut-être. Il m’a semblé important, un peu moins d’un an avant la célébration des 60 ans des accords d’Évian, au moment où l’on parle de réconciliation des mémoires françaises et algériennes, de faire connaître « cette Résistance française à la guerre d’Algérie ». Je vous souhaite une bonne lecture de ce dossier qui permet de découvrir ce que fut cette résistance à travers quelques destins de soldats du refus et à travers l’histoire de femmes qui, dans l’action clandestine, aidèrent le FLN en France. Annie Thauront

De ces femmes blessées

Fernand Iveton et Hélène Ksiazek
Hélène Ksiazek est décédée à 76 ans à Arcueil le 10 mai 1998. Le 11 février 1957, un mois après le début de la bataille d’Alger, sa vie basculait. Son mari, l’ouvrier Fernand Iveton, qu’elle avait épousé le 26 juillet 1955 à Alger, venait d’être décapité dans la cour de la prison Barberousse d’Alger. Depuis 1954, elle vivait avec lui au Clos-Salembier, une banlieue populaire d’Alger et travaillait alors comme serveuse dans un restaurant d’entreprise. Fernand Iveton ne fut pas le seul algérien d’origine française rangé aux côtés du FLN qui fut tué, mais il est le seul, après avoir été torturé, à avoir été condamné à mort par un tribunal militaire et exécuté. Il avait tenté, sans intention homicide, de saboter l’usine électrique où il travaillait. Seront évoqués Paul Teitgen, secrétaire général de la préfecture de police d’Alger, qui tenta de s’opposer à la torture et les écrivains Mouloud Féraoun, Emmanuel Robles, Albert Camus et Jean-Paul Sartre dans ce que l’on peut appeler « l’affaire Iveton ». Le 15 mai 1957, des arcueillais s’adressaient à René Coty, Président de la République, pour dénoncer la torture et les exécutions sans jugement et appelaient à manifester. Alors que le jeune mathématicien Maurice Audin, assassiné le 21 juin 1957 par les parachutistes du général Massu, est devenu un symbole de la terreur d’État et désormais reconnu comme tel, Fernand Iveton, victime lui-aussi de la terreur d’État, n’a pas été réhabilité par les autorités françaises, cela malgré les démarches de son épouse. Celle-ci, dès l’arrestation de son mari connue, refusa de l’abandonner à son sort. Sans le roman de Joseph Andras paru en 2016 « De nos frères blessés », découvert à la médiathèque d’Arcueil et sans le livre de Jean-Luc Einaudi « Pour l’exemple, l’affaire Fernand Iveton », j’aurais ignoré cette histoire. J’ai voulu tirer de l’oubli l’arcueillaise Hélène Ksiazek et son époux l’algérois Fernand Iveton et contribuer aux initiatives prises pour la commémoration de la fin de la guerre d’Algérie. Annie Thauront

Lire le dossier sur Hélène Ksiazek et Fernand Iveton 

Visionnez la conférence

La descendance de Claude Symonet

Le confinement a parfois du bon ! Il y a au moins vingt ans, j’avais commencé à écrire une histoire des familles Tardif et Symonet (des ascendants de mon épouse) et puis j’étais passé à autre chose. Lors du premier confinement, je me suis replongé dans mon dossier et dans des centaines de photocopies d’actes notariaux du 17ème siècle, faites alors aux Archives nationales.

Je suis reparti d’un couple de drapiers parisiens Claude Symonet (1588-1660) et son épouse Marguerite Hacte (1597-1651). Claude a une boutique rue Saint-Denis, mais il a aussi des comptoirs à Lyon, Venise et Florence et il a fait fortune, ce qui lui a permis d’acheter une maison de campagne à Bourg la Reine (qui sera le siège en 1722 d’un évènement historique). Ce couple aura au moins cinq enfants et on peut estimer sa descendance à environ 15000 personnes et si l’on rajoute les conjoints, on doit approcher les 30 000 personnes. Mon problème n’a donc pas été de leur trouver des descendants mais de choisir parmi ces 30 000 personnes, celles qui sortaient de l’ordinaire et qui méritaient que l’on raconte leur histoire.

Je cite en vrac : Brigitte Bardot, Nicolas Foulon, moine bénédictin et ancêtre de tous les membres de la famille Mezzara (dont Léa Seydoux), Louis de Brancas, neveu de Françoise de Brancas, dame d’Arcueil (il a épousé Diane-Adélaïde de Mailly-Nesle, une des maîtresses de Louis XV), Anne Marie Chassaigne, courtisane, princesse et sainte, plus connue sous le nom de Liane de Pougy, son fils héros de l’aviation, Paul Mezzara, qui fait fortune à Venise et se fait construire à Paris par Hector Guimard, un hôtel particulier Art nouveau, qui existe toujours, sa fille Yvonne Mezzara et son mari Jacques Sadoul, condamné à mort en 1919 pour désertion, ami de Jaurès, Lénine, et avocat en 1945 d’Eugène Schueller, fondateur de l’Oréal, Pierre Louis Sourdon-Dumesniel, maître à écrire de Louis XVII et qui en 1844 rencontre et reconnaît Louis XVII , Victor Hugues, qui abolit l’esclavage à la Martinique, héros du livre d’Alejo Carpentier « Le siècle des lumières », un chancelier allemand, la famille Lamoignon, alliée des Tardif, la famille Jacquin et son plus célèbre représentant Nicolas Joseph Jacquin, Jenny de Thelusson, dont la grand-mère fait construire en 1778 par Claude Nicolas Ledoux, l’hôtel de Thelusson, propriété successivement des Thelusson, puis de Murat, Napoléon et du Tsar de Russie, etc…
Pierre Maussion

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La famille Jacquin

Françoise Symonet, dont j’ai raconté l’histoire dans le dossier « Claude Symonet et Marguerite Hacte » épouse, avant 1659, Philippe Poquelin, cousin germain d’un certain Jean-Baptiste Poquelin, plus connu sous le nom de Molière.

Leur fille Catherine Poquelin épouse, en 1693 à Paris, Claude Jacquin, marchand drapier à Paris. En faisant la généalogie de la famille Jacquin, j’ai découvert des ramifications internationales : une branche s’installe à la Martinique et une aure aux Pays-Bas, puis en Autriche.

La branche martiniquaise s’illustre particulièrement au moment de la Révolution en la personne du général Victor Hugues (1762-1826), qui abolit l’esclavage à la Martinique. Il est le héros principal du livre « le siècle des Lumières » de l’écrivain cubain Alejo Carpentier.

La branche hollando-autrichienne s’illustre principalement avec Nicolas Joseph Jacquin (1727-1817), un célèbre botaniste et amateur de musique. Il fait appel pour l’instruction musicale de ses enfants à un jeune artiste viennois qui a besoin d’arrondir ses fins de mois, un certain Wolfgang Amadeus Mozart…. Pierre Maussion

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