Germain Pilon, sculpteur du Roy au XVIe siècle, propriétaire à Arcueil : famille, œuvres, atelier.

La Diane de Versailles offerte à Henri II et
placée en 1696 dans la Galerie des Glaces
Cet article, annoncé dans la conclusion de celui que j’ai consacré au Mystère de Saint-Blaise joué à Arcueil en 1540 (et qui vient de paraître sur ce blog), concerne le grand sculpteur de la Renaissance française, Germain Pilon (ou Pillon) (v. 1528-1590). Il fit, dans la seconde moitié du XVIe siècle, l’achat de terres agricoles à Arcueil et dans les communes alentours. Les œuvres les plus connues de Germain Pilon sont des sépultures dont le magnifique tombeau de Henri II et de Catherine de Médicis dans la basilique Saint-Denis. Comme il était fréquent au XVIe siècle, le métier de sculpteur se transmettait de père en fils, la destinée des fils du sculpteur sera donc présentée. Ensuite mon intérêt s’est porté sur une branche familiale collatérale de celle de Germain Pilon, celle de sa sœur Noémie Pilon. Et dans cette famille, on trouve le nom du plus grand architecte du XVIIe et du début du XVIIIe siècle, Jules Hardouin-Mansart (1646-1708), l’architecte de la galerie des Glaces. Avec cet article, c’est une petite partie de l’Histoire de l’Art au XVIe, avec la sculpture que j’invite à découvrir à partir du minutier central des notaires parisiens dépouillé aux Archives nationales par Mme Catherine Grodecki mais aussi à découvrir l’architecture au XVIIe à travers les noms et les œuvres de Hardouin-Mansart et des Gabriel. Dans les jardins d’Arcueil dans le bosquet de Diane, dont l’entrée se trouvait à l’emplacement de l’entrée de la Maison Curie rue Clément Ader, au Sud du Grand escalier, se trouvait une reproduction de l’Artémis antique dite Diane de Versailles. Cette statue romaine, copie d’une statue grecque, avait été offerte à Henri II en 1556 ; placée dans les jardins du château de Fontainebleau, restaurée par un élève de Germain Pilon en 1602, elle fut placée en 1696 dans la Galerie des Glaces. La statue arcueillaise de Diane n’existe plus. Il en existe un dessin, celui du bosquet de Diane par Jean-Baptiste Oudry avec dans le fonds cette Diane chasseresse. Peut-être après cet article, serez-vous incité(e) à aller découvrir les chefs d’œuvre sculptés des jardins de Versailles présentés dans la galerie des sculptures et des moulages dans la petite écurie de Versailles (ouverte les samedi et dimanche jusqu’au 30 octobre 2022). Annie Thauront 

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Marius SIDOBRE (1882-1964) ou le cheminement d’une municipalité ouvrière (1919-1964)

Marius Sidobre, né en 1882 à Toulouse, arrive à Arcueil en 1905 comme ouvrier
métallurgiste. Après la Première Guerre mondiale à laquelle il participa, il fonde la section locale de l’ARAC.
Il est élu une première fois conseiller municipal en 1919 dans la municipalité conduite par Victor Roure et ce jusqu’en 1923. Après le Congrès de Tours, la majorité de la section locale de la SFIO adhère à la IIIe Internationale.
Marius Sidobre, Victor Roure, Paul Poensin, les Bougard, Érik Satie et beaucoup d’autres sont dans cette majorité. Suite à la mort du maire Pierre Alexandre Templier, il redevient conseiller municipal en 1932,lors d’une élection partielle.
En 1935, la liste qu’il conduit est élu et Marius Sidobre revêt l’écharpe de maire. En 1939, il est déchu avec son conseil municipal par le gouvernement de Vichy et est interné en Algérie.
Il retrouve son poste de maire en 1945, et ce jusqu’à sa mort en 1964.
En tant que maire, il a géré la guerre d’Espagne, les débuts de la Seconde Guerre mondiale, la pauvreté et le manque de logements, la Guerre d’Algérie, la création de la Cinquième République, Il meurt, en cours de mandat, le 27 avril 1964. Henri Toulouze

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L’école centrale du PCF à Arcueil. 1937-1939

Une particularité peu connue de la vie politique arcueillaise de l’Entre-Deux-Guerres, ce fut l’implantation de 1937 au début de la guerre en 1939 de l’école centrale politique du Parti Communiste Français.
Elle siégeait dans deux pavillons dans la rue du docteur Gosselin (actuelle rue du 8 mai 1945) face à la gare de triage d’Arcueil-Cachan.
Elle n’était pas liée directement à la vie politique locale mais elle montrait la confiance que le P.C.F. avait dans le maire Marius Sidobre et l’équipe dirigeante locale. La liaison entre le local et l’école était assurée par la secrétaire du maire, Maï Politzer. Henri Toulouze

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La Commune de Paris, le massacre de la Grange Ory à Bagneux

La Grange Ory à Bagneux 1873
Deux jours avant l’entrée des “Versaillais” dans Paris, l’épisode de la Grange Ory à Bagneux est l’un des épisodes les plus dramatiques de la Commune de Paris qui, de façon prémonitoire, annonce les massacres de la Semaine sanglante qui met fin à la Commune de Paris entre le 21 et le 28 mai 1871, au cours de laquelle des milliers de Parisiens furent exécutés.
Ce massacre aurait pu être fatal au grand poète Paul Verlaine qui écrira un grand poème, cri de haine prémonitoire pour les massacreurs. Henri Toulouze

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Les Hautes-Bornes de la Villa Mélanie au Chaperon-Vert

Sur le territoire des Hautes-Bornes, où se trouve aujourd’hui le grand ensemble du Chaperon-Vert se situait auparavant le « bidonville » de la Villa Mélanie dans la première moitié du XXe siècle.
Dès le lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’équipe de Marius Sidobre sous l’impulsion d’Émile Bougard et en association avec la ville de Gentilly cherche à résorber ces ilots insalubres et à utiliser les terrains pour pallier le manque criant de logements sur les deux villes. Ces terrains feront l’objet de beaucoup de convoitises de la part de l’État, au grand dam des communes concernées : création d’un campus universitaire, agrandissement de la cité internationale des étudiants, création de l’autoroute A6. De grandes batailles sont engagées, perdante pour l’une, gagnantes pour les deux autres. Henri Toulouze

 

Histoire familiale : Honoré & Lœtitia

Aujourd'hui, je vais vous faire le récit d’un épisode de mon histoire familiale du côté de ma branche maternelle. Je vais retracer pour vous l’histoire d’Honoré Liesse et de Lœtitia Lamensans, mes arrière-grands-parents. Lœtitia et Honoré ont étés un couple moderne avant l’heure. Ils se sont mariés plusieurs fois, mais leurs unions ont été de courtes durées. Tous les deux issues de familles venant du milieu rural, ils incarnent bien cette deuxième génération urbaine, instable et à la recherche de repères et d’identité. Leur fille Lucile, la grande sœur de mon grand-père est décédée à l’âge de 14 ans. D’elle, il ne nous reste que quelques photos. Lorsque j’ai entrepris mes recherches, je n’avais aucune information précise à son sujet. Comme si l’oubli cherchait à voiler le souvenir de ce personnage pourtant si présent dans la mémoire de mon grand père.

En recherchant Lucile, j’ai été frappé par l’instabilité du couple Liesse Lamensans, leurs nombreux déménagements m’ont rendus la tache difficile et je suppose que ces perpétuels changements de domiciles ont du être compliqués à vivre pour leurs enfants. Je pense que Lucile aurait sans doute survécue si sa vie de famille avait été plus stable.  En même temps, j’ai tout à fait conscience de l’aspect subjectif de ma pensée. De nombreuses informations me manquent au sujet de Lucile et de ses parents et je dois reconnaître que leur histoire me reste inaccessible dans sa réalité vécue et détaillée. Bruno Teste

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Un Mystère sacré joué à Arcueil à la fin du Moyen-Âge : le Mystère de Saint-Blaise

Le supplice de Saint-Blaise
Faisant une recherche généalogique dans les minutes d’un notaire parisien sur les habitants d’Arcueil qui, en 1606, avaient signé un accord avec André Hurault de Maisse sur le partage de l’eau de la seule fontaine du village, j’ai fait une découverte. Il s’agit d’un contrat concernant six laboureurs arcueillais qui passèrent le 13 juin 1540 un marché avec un peintre parisien pour la construction des décors d’un Mystère joué à Arcueil, celui de M. Saint-Blaise. Pour les médiévistes s’intéressant à l’histoire du théâtre français, cet acte notarié est important, (il en existe cinq autres) car même si à Paris, à la fin du XVe et au début du XVIe siècle, les représentations théâtrales des Mystères sacrés étaient nombreuses, il y a très peu de représentations documentées. Les documents concernant les Mystères joués à Paris sont probablement dispersés dans plusieurs fonds d’archives ou perdus. La représentation d’Arcueil eut lieu à une date où les spectacles de la vie des saints n’avaient pas encore suscité l’hostilité du Parlement de Paris. C’était avant l’arrêt de 1548 de ce même Parlement qui interdit de jouer des Mystères sacrés à Paris et en banlieue. 1548 marque la fin du drame médiéval et donc d’un théâtre « populaire » avec des auteurs anonymes et des acteurs non professionnels avant que n’apparaisse un théâtre « intellectuel » avec « Cléopâtre captive », tragédie d’inspiration antique d’Étienne Jodelle, écrite en alexandrins et décasyllabes et représentée en 1552 et en 1553 devant Henri II. Les poètes de la Pléiade, amis de Jodelle, étaient venus à Arcueil fêter son succès, dans ce même village où quelques années auparavant, avait été donné le Mystère de Saint-Blaise. Le contrat arcueillais, qui en détaille les décors et les accessoires, est « exceptionnel ». J’en fais l’analyse à partir de l’article du médiéviste Graham A. Runnals paru dans le tome 119 de la revue Romania en 2001. Je présente aussi deux autres Mystères donnés en banlieue, celui de Saint-Cyr qui fut joué à Villejuif en 1547 et celui de « La Vendition de Joseph » joué à Annet-sur-Marne en 1560. J’ai donc cherché pourquoi Saint-Blaise a été honoré à Arcueil. J’ai trouvé que ce saint et martyr était le patron des carriers et que l’église Saint-Denys en avait eu une relique au XVe siècle. Alors profitez de mes découvertes. Annie Thauront

Lire le dossier : Un Mystère sacré joué à Arcueil à la fin du Moyen-Âge : le Mystère de Saint-Blaise. 

« François-Vincent Raspail (1794-1878) candidat à la première élection présidentielle au suffrage universel » et « Arcueil et les inculpés à la suite de l’insurrection ouvrière de juin 1848 et du coup d’État de décembre 1851 »

Daumier : Jeanne Deroin au centre de l'Emeute 
L’élection présidentielle de mai 2022 m’a conduite à m’intéresser à la première élection en France d’un président de la République au suffrage universel (masculin), celle du 10 décembre 1848. Cette élection faisait suite à la chute de Louis-Philippe, à l’instauration de la Seconde République et à l’insurrection parisienne des 23, 24 et 25 juin 1848. Elle vit l’élection de Louis-Napoléon Bonaparte contre le général Cavaignac, massacreur des insurgés de juin. À cette élection présidentielle fut « candidat impossible » notre futur compatriote, le républicain et médecin des pauvres François-Vincent Raspail. N’étant pas autorisé à se représenter à la présidence de la République (mandat limité à 4 ans sans possibilité de renouvellement), Louis-Napoléon Bonaparte fit un coup d’État. Et il y eut de nouveau une insurrection, plus importante en Province qu’à Paris et ses banlieues. Comme je l’avais fait pour les Communards, j’ai cherché s’il y avait eu des Arcueillais impliqués dans l’insurrection parisienne de juin 1848 et celle qui suivit le coup d’État du 2 décembre 1851. J’ai ainsi découvert les noms de 43 Arcueillais inculpés : 27 en 1848 et 16 en 1851 dont 5 qui furent transportés (déportés) en Algérie. Dans mon premier texte « François-Vincent Raspail, candidat à la première élection présidentielle au suffrage universel », sont publiés quelques-uns de ses écrits politiques dont une adresse à ses concitoyens en vue de l’élection du 10 décembre 1848. Dans le second texte « Arcueil et les inculpés à la suite de  l’insurrection ouvrière de juin 1848 et du coup d’État de décembre 1851 », sont publiés des témoignages de « transportés en Algérie ». Des femmes ayant fait irruption dans l’espace public en 1848 et ayant subi la répression, je présente les hommages de Victor Hugo à deux d’entre elles : Pauline Roland née le 6 juin 1805, qui avait essayé de voter en 1848, morte le 16 décembre 1852 lors de son retour de transportation en Algérie et Louise Julien née le 17 juin 1815, morte en exil à Jersey le 23 juillet 1853. Je présente Jeanne Deroin née le 31 décembre 1805 qui, réclamant l’égalité civile et politique, posa sa candidature aux élections législatives de 1849 en dépit des réactions hostiles. Après le coup d’État du 2 décembre 1851, elle s’exila à Londres où elle mourut le 2 avril 1894. Je vous souhaite une bonne lecture de ces deux dossiers. Profitez-en pour lire ou relire ce que j’ai publié sur « Arcueil et la Commune de Paris ». Annie Thauront


Marguerite de Saint-Marceaux, une mécène au temps de Marcel Proust

Effectuant une recherche sur Arcueil, j’ai découvert que Marguerite Jourdain (9/05/1850-22/02/1930), connue sous le nom de Marguerite de Saint-Marceaux dite Meg, est l’une des descendantes de Antoine-Christophe Gerdret (1749-1793), devenu propriétaire en 1788 de la maison qui deviendra la maison des Irlandais. Or, Mme de Saint-Marceaux est le principal modèle de Mme Verdurin, l’un des personnages de A la Recherche du temps perdu. Cette découverte m’a conduite à une recherche sur quelques uns des personnages imaginés par Marcel Proust (dont on fête en 2022 le 100e anniversaire de la mort) ainsi que sur les salonnières qui furent des mécènes à la Belle Époque. J’en profite pour donner à lire quelques extraits du Journal de Meg et quelques pages de la Recherche. Le salon de Meg me permet d’évoquer les compositeurs aimés par l’écrivain. Alors bonne lecture… Annie Thauront 

Lire le dossier : Marguerite de Saint-Marceaux, une mécène au temps de Marcel Proust

L’aqueduc de Lutèce ou l’aqueduc gallo-romain d’Arcueil

Coupe de l'aqueduc
Cette grosse recherche sur l’aqueduc gallo-romain d’Arcueil qui vient d’aboutir m’a été suggérée par Bruno Teste. Elle a pu être réalisée grâce aux informations qui m’ont été fournies par Gérard Vergison-Rozier, notre conservateur du patrimoine. De nombreuses données sur cet aqueduc dans les communes traversées : L’Haÿ, Cachan, Arcueil et Gentilly ainsi que Paris sont issues de la publication « Carte archéologique de la Gaule. Département du Val de Marne » parue en 2001 ainsi que de la carte archéologique de Paris mise en ligne depuis juillet 2019 et qui recense 170 ans de recherches archéologiques dans le sous-sol parisien. Cette recherche m’a permis de découvrir celui qui fut le père de l’archéologie parisienne au XIXe siècle, l’architecte Théodore Vacquer. (C’est lui qui a découvert les arènes de Lutèce). Même s’il y a encore aujourd’hui nécessité de poursuivre les recherches archéologiques dans la lignée des découvertes effectuées jusqu’alors et en particulier par Eugène Belgrand, l’état des lieux présenté ici montre l’intérêt de cet ouvrage avec son pont-aqueduc qui, rappelons-le, a donné son nom à notre ville d’Arcueil et sert de base aux deux autres ponts remarquables barrant la vallée de la Bièvre, l’aqueduc Médicis et l’aqueduc Belgrand situés à la limite d’Arcueil et de Cachan. Bonne lecture ! Annie Thauront

La descendance de Claude Symonet et ses liens avec Arcueil

Le confinement a parfois du bon ! Il y a au moins vingt ans, j’avais commencé à écrire une histoire des familles Tardif et Symonet (des ascendants de mon épouse) et puis j’étais passé à autre chose. Lors du premier confinement, je me suis replongé dans mon dossier et dans des centaines de photocopies d’actes notariaux du 17ème siècle, faites alors aux Archives nationales.

Je suis reparti d’un couple de drapiers parisiens Claude Symonet (1588-1660) et son épouse Marguerite Hacte (1597-1651). Claude a une boutique rue Saint-Denis, mais il a aussi des comptoirs à Lyon, Venise et Florence et il a fait fortune, ce qui lui a permis d’acheter une maison de campagne à Bourg la Reine (qui sera le siège en 1722 d’un évènement historique). Ce couple aura au moins cinq enfants et on peut estimer sa descendance à environ 15000 personnes et si l’on rajoute les conjoints, on doit approcher les 30 000 personnes. Mon problème n’a donc pas été de leur trouver des descendants mais de choisir parmi ces 30 000 personnes, celles qui sortaient de l’ordinaire et qui méritaient que l’on raconte leur histoire.

Je cite en vrac : Brigitte Bardot, Nicolas Foulon, moine bénédictin et ancêtre de tous les membres de la famille Mezzara (dont Léa Seydoux), Louis de Brancas, neveu de Françoise de Brancas, dame d’Arcueil (il a épousé Diane-Adélaïde de Mailly-Nesle, une des maîtresses de Louis XV), Anne Marie Chassaigne, courtisane, princesse et sainte, plus connue sous le nom de Liane de Pougy, son fils héros de l’aviation, Paul Mezzara, qui fait fortune à Venise et se fait construire à Paris par Hector Guimard, un hôtel particulier Art nouveau, qui existe toujours, sa fille Yvonne Mezzara et son mari Jacques Sadoul, condamné à mort en 1919 pour désertion, ami de Jaurès, Lénine, et avocat en 1945 d’Eugène Schueller, fondateur de l’Oréal, Pierre Louis Sourdon-Dumesniel, maître à écrire de Louis XVII et qui en 1844 rencontre et reconnaît Louis XVII , Victor Hugues, qui abolit l’esclavage à la Martinique, héros du livre d’Alejo Carpentier « Le siècle des lumières », un chancelier allemand, la famille Lamoignon, alliée des Tardif, la famille Jacquin et son plus célèbre représentant Nicolas Joseph Jacquin, Jenny de Thelusson, dont la grand-mère fait construire en 1778 par Claude Nicolas Ledoux, l’hôtel de Thelusson, propriété successivement des Thelusson, puis de Murat, Napoléon et du Tsar de Russie, etc…
Pierre Maussion

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L’usine malodorante des Hautes Bornes à Arcueil ou les odeurs de Paris

Publicité de 1880
Faisant des recherches sur la famille Raspail à Arcueil, j’ai découvert que Émile Raspail, maire et conseiller général, avait publié en octobre 1880 un petit ouvrage intitulé « des odeurs de Paris ». Il y dénonce une usine située aux Hautes Bornes (le Chaperon vert), usine qui fabriquait un engrais « le sulfate d’ammoniaque » à partir des vidanges parisiennes et dont les émissions malodorantes empuantissaient l’atmosphère. Émile Raspail demande la fermeture de l’usine. Malgré ses interventions auprès de la Préfecture de police, Émile Raspail n’obtiendra pas l’arrêt de la fabrication de l’engrais aux Hautes Bornes. Il écrit en 1880, après un été de canicule quand dégoûtée par des odeurs nauséabondes, infectes, putrides, écœurantes, ignobles, insupportables, abjectes et répugnantes, l'opinion publique s'émeut, la presse s'indigne, et les pouvoirs publiques parisiens créent des commissions. Alors faites comme moi, bouchez vous le nez pour découvrir cette affaire de pollution à une époque où il n’y avait pas encore l’obligation de raccordement au tout-à-l’égout, époque où l’on ne parlait pas encore d’écologie mais où déjà quelques maires se préoccupaient de la santé de leurs concitoyens.  Annie Thauront

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