Séance du jeudi 11 octobre à 18h30 : Le marquis de Sade et Arcueil

  L’aumônerie en 1925 avant la reconstruction.
Pendant deux ans, de 1766 à 1768, Donatien Alphonse François marquis de Sade, loue pour 800 livres une maison baptisée l’Aumônerie située villa des Irlandais (impasse donnant sur la rue de la Fontaine, près de la cité des Irlandais). Dans cette bâtisse, à quelques mètres de l’ultra-catholique collège Lombard/Irlandais, il organise de petites parties d’un genre très spécial. Et rarement avec le consentement des participantes, à en juger par la fameuse affaire Rose Keller, en avril 1768.
Après une brève présentation du marquis de Sade, nous verrons ce que représente l’affaire Rose Keller et ses conséquences. Ladite affaire n’était pas un fait unique et révèle que sans protection le marquis n’aurait pas pu sévir de la même façon.
Dans un deuxième temps, nous nous interrogerons sur cette maison appelée l’aumônerie et sur le quartier des Irlandais. Nous approfondirons notamment l’origine de ce nom. Henri Toulouze

Séance du jeudi 8 novembre à 18h30 : Artistes passés et présents de la Villa Moderne à Arcueil

Œuvre de Roger Trystram
Dans Arcueil, il y a « Art » et « Accueil » et depuis longtemps, des artistes s’y sont installé(e)s, attiré(e)s par des prix de l’immobilier plus faibles qu’à Paris tout en restant à proximité des ateliers   de Montparnasse et du square Montsouris. La Villa Moderne ne fait pas exception. Son charme de « village » a attiré au cours du XXe siècle et en ce début du XXIe siècle des artistes plasticiens : dessinateurs, peintres, sculpteurs, verriers, graphistes et aussi des musiciens. Cette quatrième séance consacrée à la Villa Moderne a pour objet de dresser les portraits de quelques-uns des nombreux artistes et créateurs qui y vécurent et de présenter leur œuvre. Nous nous intéresserons tout particulièrement à la Maison de l’Académie nationale norvégienne des Beaux-Arts située  31 Villa Moderne où plus de 500 artistes norvégiens séjournèrent à partir de 1945 jusqu’à aujourd’hui. Et « Vive l’Art Moderne » comme le disait avec humour le peintre Roger Trystram en donnant l’adresse de son atelier au 44 Villa Moderne. Cette séance sera présentée par Annie Thauront et Henri Toulouze.

Séance du jeudi 22 novembre à 18 h 30 Mémoire des femmes : les arcueillaises veuves de guerre

Le monument aux morts de Lodève (Hérault)
Après la guerre de 1914-1918, près d’un soldat mobilisé sur deux ayant été marié, la France compte 600000 veuves (sans compter un nombre inconnu de fiancées aussi appelées veuves blanches). Si les noms des soldats « Morts pour la France » sont glorifiés sur nos monuments aux morts, ayant été répertoriés par les communes sur les Livres d’Or de la guerre, noms qui sont enregistrés aujourd’hui sur le site du Ministère de la Défense « Mémoire des hommes », les noms des veuves des combattants de 1914-1918 sont complètement méconnus. Cette séance, qui s’inscrit dans le cadre de la célébration du centenaire de l’armistice de la guerre de 1914-1918, est intitulée « Mémoire des femmes ». Elle sera consacrée aux résultats de mes recherches pour identifier les veuves de tous les soldats d’Arcueil-Cachan morts pendant ou des suites de la Grande Guerre. La séance sera illustrée par la lecture d’extraits de correspondances dont celle de Delphine Pergaud (née Duboz) à son mari le romancier Louis Pergaud. Delphine Duboz, croyant son époux blessé ou prisonnier, continuera de lui écrire jusqu’en 1919. Louis Pergaud, mobilisé en 1914, qui avait été instituteur à l’école Laplace à Arcueil en 1910, disparut à 33 ans dans la nuit du 7 avril au 8 avril 1915 lors de la bataille de la Woëvre. Annie Thauront

Séance du jeudi 6 décembre à 18h30 : La Croix d'Arcueil : un carrefour de l’histoire d’Arcueil

La Croix d’Arcueil au début du XXe siècle
Alors que le carrefour de la Vache noire, une des portes d’entrée principales de notre ville aujourd’hui, n'existait pas encore, au Moyen-Âge, la Croix d'Arcueil existait non seulement comme un carrefour mais c'était aussi un hameau important et la voie d'entrée vers le village d'Arcueil.
Je traiterai l'évolution de cet espace au cours des temps du Moyen-Âge avec la léproserie de la Banlieue à aujourd'hui avec le centre EDF et le Forum 20 en passant par le cabaret de Saint-Louis au XVIIIe siècle et l'Arpajonnais (train sur route) aux XIXe et XXe siècles ;
J’insisterais sur deux aspects :
1.    L'histoire de la léproserie de la Banlieue, l'une des plus importantes de France, qui devait se trouver au niveau de ce carrefour ;
2.    La Grande Brasserie d'Arcueil, une des grandes brasseries françaises au tournant des XIXe et XXe siècles qui était située dans le carrefour. Henri Toulouze

Histoire de la maison de santé « La Villa Moderne » à Arcueil

Atlas des communes du département de la Seine 1901
À la fin du XIXe siècle existait à Arcueil une maison de santé appelée « Villa Moderne ». Elle était située route d’Orléans entre la Croix d’Arcueil et la Vache Noire. Moins illustre que la clinique du Dr Blanche à Passy où séjournèrent  aristocrates et grands bourgeois guettés par la folie et où mourut Guy de Maupassant, elle fut pourtant fréquentée par des célébrités. Ainsi deux poètes et hommes de théâtre y sont décédés : le 5 mai 1904, à 48 ans, Jacques Le Lorrain, auteur du "chevalier à la longue figure"inspiré de Don Quichotte et le 30 novembre 1918, à 74 ans, Paul Demeny, resté célèbre pour ses relations avec Arthur Rimbaud. Leur décès à la « Villa Moderne »  m’a conduite à faire l’histoire de cette maison de santé privé, dont j’ai découvert que subsistaient aujourd’hui plusieurs de ses pavillons. Malgré l’absence de sources spécifiques dans les archives publiques, j’ai trouvé son premier propriétaire Alexandre Victor Rohr et trois éminents médecins qui y exercèrent : l’orthopédiste Paul Archambault, le neuro-chirurgien Antony Chipault et l’oculiste Auguste Chevallereau. C’est un peu les progrès de la médecine à la fin du XIXe que je vous propose de découvrir à travers l’histoire des techniques médicales et des praticiens de la Villa Moderne. Annie Thauront

Lire le dossier : Pensionnaires et directeurs de la maison de santé "La Villa Moderne"

Lire le dossier : Equipements et médecins de la maison de santé "La Villa Moderne"

La longue histoire de la viabilisation du lotissement « la Villa Moderne » à Arcueil

La Villa moderne actuelle vue du ciel
Le 23 février 1923, Alphonse Alonzo, un entrepreneur des travaux publics parisien, achetait l’ancienne maison de santé « La Villa Moderne » avec son terrain et ses anciens bâtiments. Il créait une allée en U qu’il appelait « la Villa Moderne » pour desservir les parcelles de sa propriété mises en vente à partir de 1925. Mais très vite, il apparut que, malgré la loi du 19 juillet 1924, M Alonzo, avant de vendre, n’avait pas rempli ses obligations pourtant inscrites au cahier des charges. Le tout-à-l’égout, notamment, se déversait dans un puisard situé dans des vides de carrière en arrière de la Villa. Je vous propose de découvrir qui étaient le promoteur et les premiers acquéreurs de « la Villa Moderne ». Quels furent les démêlés de ces « mal-lotis » avec le lotisseur et la mairie pour obtenir que les dépenses d’assainissement de la voie privée ne soient pas à leur charge ? L’histoire de la viabilisation de « la Villa Moderne » dura plus de quarante ans. Il y eut encore des problèmes d’assainissement en 1966 malgré des travaux effectués en 1964 à l’occasion de la création des HLM de la Vache Noire. Annie Thauront

Lire le dossier sur la viabilisation du lotissement de la Villa Moderne

Le village d’Arcueil, lieu de villégiature préféré de Pierre de Ronsard et de ses amis.

Au XVIe siècle, Le cercle poétique de Pierre de Ronsard, appelé dans un premier temps la Brigade puis ensuite la Pléiade, ont l’habitude de faire une partie de campagne festive dans le petit village d’Arcueil au sud de Paris. Deux journées particulières seront évoquées dans l’œuvre de Ronsard et de certains de ses amis poètes :
En 1549, « Les Bacchanales ou le Folâtrissime Voyage d’Hercueil (…) »
En 1553, des Dithyrambes relatant l’histoire d’un bouc, héros d’une « pompe » païenne à Arcueil qui valut à Ronsard d’être accusé d’hérésie à l’initiative du curé de Gentilly et des milieux protestants.
Des poèmes ronsardiens, avant ces événements et après ceux-ci, citeront aussi Arcueil. Son maître Jean Dorat, Rémy Belleau, Jean-Antoine de Baïf, Nicolas Ellain, Jean Passerat, Jean Godart, parmi d’autres, rendirent hommage aussi à Arcueil dans leurs poésies. Ronsard et son ami Jodelle aurait eu une propriété à Arcueil. Un quartier d’Arcueil rend hommage à ses poètes. Henri Toulouze

Lire le dossier : Ronsard et Arcueil.

Lire le dossier : Le folastrissime voyage d'Hercueil.

Lire l'annexe généalogique concernant Pierre Ronsard.