Séance du jeudi 6 février à 18H30 : Le château Laplace

En pénétrant la rue Eugène Fournière, le long du RER, nous entrons virtuellement dans le domaine du château Laplace. Celui-ci est construit au milieu du XVIIIe siècle et acquis en 1806 par Pierre-Simon Laplace, ami de Berthollet. Le domaine est cédé en 1892 au collège Albert-le-Grand. Il est détruit en 1908 et loti en 1909. Nous y croiserons de nombreux personnages : Ronsard, le père Didon, le politicien du Directoire Reubell, Laplace, des acteurs de la Commune de Paris. Henri Toulouze

Séance du jeudi 5 mars à 18H30 : La carrière maritime exceptionnelle de Benoît Boland, frère de la pionnière de l’aviation Adrienne Bolland.

L’officier de marine marchande Benoît Boland est l’un de ces hommes que le sort a choisi pour leur faire connaître l’Aventure que tant d’autres cherchent sans jamais la trouver. Né à Guernesey dans les îles anglo-normandes le 6 août 1885, il a habité Cachan puis Arcueil avec ses parents et ses sœurs de 1889 à 1899. Il était le frère de l’aviatrice Adrienne Bolland, née à Arcueil le 25 novembre 1895, qui fut le 1er avril 1921 la première femme au monde à franchir la Cordillère des Andes de Mendoza en Argentine à Santiago du Chili. Benoît Boland choisit d’être marin. Il embarquera d’abord clandestinement sur un navire transatlantique faisant des aller-retour Le Havre-New York. Il sera pilotin du 18 mars 1904 au 17 octobre 1905 sur un trois-mâts cap-hornier chargé d’aller chercher du nickel en Nouvelle Calédonie ; élève de l’école de la marine marchande de Paimpol, il sera engagé par Jean-Baptiste Charcot sur le Pourquoi Pas ? pour sa seconde expédition en Antarctique du 15 août 1908 au 4 juin 1910. Benoît Boland eut la mission de seconder l’officier de marine Maurice Bongrain dans ses travaux d'hydrographie, contribuant ainsi à l'établissement de la carte des côtes de l’Antarctique. Pendant la guerre de 1914, enseigne de vaisseau en Tunisie de juillet 1916 à mars 1919, il sera affecté comme aviateur à la base aéronavale de Bizerte pour repérer les sous-marins allemands en Méditerranée. À partir de 1921, il sera capitaine le long des côtes chinoises puis sur le haut Yang Tsé où son navire le Fook Yuen, qui devait transporter du sel, fut attaqué le 27 août 1922 par 300 à 400 patrons de jonques qui, jusque là, étaient chargés de transporter ce produit. Le navire et l’équipage seront sauvés par deux bâtiments de la marine française. Benoit Boland terminera sa carrière maritime comme chef pilote du port de Shanghai alors cinquième port mondial. Benoît Boland est décédé à 97 ans dans sa propriété de Donnery (Loiret). Annie Thauront

Séance du 19 mars à 18H30 : Chronique sur images, les zoniers du sud de Paris.

La zone porte d'Ivry
La Zone était une bande de terre de 250 m située à l'extérieure des fortifications de Paris et sur laquelle il était interdit de construire quoi que ce soit. Même les arbres y étaient coupés afin de dégager la vue aux défenseurs. Dès l'abandon du rôle militaire des fortifications et donc avant même leur démolition à partir de 1920, une population pauvre s'installa sur ces terrains en y construisant des bidonvilles. Ces nouveaux arrivants provenaient essentiellement du petit peuple parisien chassé par la spéculation immobilière, ou de l'afflux d'ouvriers qui accompagna les transformations de Paris sous le Second Empire, ou encore de paysans chassés par l'exode rural. La Zone a pu compter jusqu'à 30 000 habitants. Je vous propose un parcours en images sur la zone du sud de Paris à travers des photos d'Eugène Atget. Bruno Teste

Séance du jeudi 2 avril à 18H30 : « De ces femmes blessées »

Fernand Iveton et Hélène Ksiazek
Hélène Ksiazek est décédée à 76 ans à Arcueil le 10 mai 1998. Le 11 février 1957, un mois après le début de la bataille d’Alger, sa vie basculait. Son mari, l’ouvrier Fernand Iveton, qu’elle avait épousé le 26 juillet 1955 à Alger, venait d’être décapité dans la cour de la prison Barberousse d’Alger. Depuis 1954, elle vivait avec lui au Clos-Salembier, une banlieue populaire d’Alger et travaillait alors comme serveuse dans un restaurant d’entreprise. Fernand Iveton ne fut pas le seul algérien d’origine française rangé aux côtés du FLN qui fut tué, mais il est le seul, après avoir été torturé, à avoir été condamné à mort par un tribunal militaire et exécuté. Il avait tenté, sans intention homicide, de saboter l’usine électrique où il travaillait. Seront évoqués Paul Teitgen, secrétaire général de la préfecture de police d’Alger, qui tenta de s’opposer à la torture et les écrivains Mouloud Féraoun, Emmanuel Robles, Albert Camus et Jean-Paul Sartre dans ce que l’on peut appeler « l’affaire Iveton ». Le 15 mai 1957, des arcueillais s’adressaient à René Coty, Président de la République, pour dénoncer la torture et les exécutions sans jugement et appelaient à manifester. Alors que le jeune mathématicien Maurice Audin, assassiné le 21 juin 1957 par les parachutistes du général Massu, est devenu un symbole de la terreur d’État et désormais reconnu comme tel, Fernand Iveton, victime lui-aussi de la terreur d’État, n’a pas été réhabilité par les autorités françaises, cela malgré les démarches de son épouse. Celle-ci, dès l’arrestation de son mari connue, refusa de l’abandonner à son sort. Sans le roman de Joseph Andras paru en 2016 « De nos frères blessés », découvert à la médiathèque d’Arcueil et sans le livre de Jean-Luc Einaudi « Pour l’exemple, l’affaire Fernand Iveton », j’aurais ignoré cette histoire. J’ai voulu tirer de l’oubli l’arcueillaise Hélène Ksiazek et son époux l’algérois Fernand Iveton et contribuer aux initiatives prises pour la commémoration de la fin de la guerre d’Algérie. Annie Thauront

Cinq capitaines au long cours, leurs voyages et leurs bateaux.

Hippolyte Verré, né à Saint-Georges d’Oléron en 1828, mort à Nantes en 1899, est un arrière-grand-père de mon épouse. Il était capitaine au long cours et a possédé et commandé plusieurs trois-mâts : la Jeune Marie, la Marguerite, la Divatte et la Céline et Madeleine, dont l’histoire a été reconstituée depuis leur construction, l’historique de leurs voyages, jusqu’à leur disparition. Je me suis intéressé également à son beau-frère Jules Pichaud, natif de Vertou, capitaine au long cours, à deux cousins de son épouse, Gustav Feydt, né à Bergen (Norvège) et Gabriel Bronkhorst, né au Croisic, eux aussi capitaines au long cours et enfin à Etienne Barjolle, un nantais, le dernier capitaine et propriétaire européen de la Marguerite,  dont j’ai découvert, au cours de mes recherches, que l’épouse de ce dernier était une proche parente.
Nés tous les cinq autour de l’année 1830, ils suivent des trajectoires parallèles. Ils commencent très jeunes comme mousses, puis ils suivent le parcours classique de jeunes hommes doués et ambitieux, d’abord novices, puis matelots, lieutenants, seconds. Ils obtiennent, jeunes, leur brevet de capitaine au long cours et commandent, comme salariés de grands trois-mâts. Après quelques années au service d’un ou de plusieurs armateurs nantais, bordelais, ou marseillais, ils prennent des parts dans les bateaux qu’ils commandent, ou achètent leur propre bateau, souvent grâce à la dot de leur femme. La maturité venue, vers 45/50 ans, ils se retirent et deviennent armateurs à temps plein, c’est-à-dire qu’ils se contentent alors d’armer des navires dont ils confient le commandement à de jeunes capitaines.
Grâce à des documents conservés dans les familles et aux riches fonds d’archives maritimes de Loire-Atlantique et de Seine-Maritime, j’ai retrouvé, pour chaque voyage décrit dans le livre,  l’armateur, le capitaine, la destination du navire et les différentes escales, les marchandises transportées à l’aller et au retour, le lieu de déchargement du navire avec les bénéficiaires du chargement, et, quand il existe, le rapport de mer du capitaine.
L’ouvrage est abondamment illustré de cartes de navigation, de photos des capitaines et de tableaux de plusieurs trois-mâts conservés chez leurs descendants, que  j’ai réussi à retrouver. Pierre Maussion


Le château-vieux d’Arcueil ou Maison des Gardes et sa dernière propriétaire privée Mme Aspasie Jules Caron née Jannet

Tableau de Jules Charles Aviat
"Mme Aspasie Jules Caron dans le jardin du chateau-vieux". 
Avec l’aqueduc et l’église Saint-Denys qui vient de fêter ses 900 ans, le château-vieux ou Maison des Gardes avec sa salle de justice est l’un des plus anciens vestiges de la ville. Il fit partie du domaine seigneurial acquis en 1611 par Dame Catherine de Hellin, alors veuve de André Hurault de Maisse, propriétaire du château en 1606. À partir de sa vente en 1775 par la princesse de Poix, descendante de Françoise de Brancas, le château-vieux et son domaine connurent plus d’une dizaine de propriétaires et subirent d’importantes transformations, ayant été successivement maison de mercerie, filature d’indiennes, maison de roulage, teinturerie et brasserie et enfin conservatoire et cité HLM. La dernière propriétaire privée du château-vieux est Mme Aspasie Jules Caron née Jannet, épouse du maire et teinturier Jules Apollinaire Caron. Le nom de Aspasie Jules Caron a été donné en 1931 à une rue d’Arcueil qui longe la Maison des Gardes. Ce dossier s’inscrit dans le cadre de la série consacrée aux Dames d’Arcueil. Annie Thauront

Lire le dossier : Aspasie Jules Caron

Lire le dossier sur les pensionnaires de l’Institution Bousquet