Jeudi 28 janvier à 18h30 : Les Irlandais de la maison de campagne d’antan à la cité d’aujourd’hui


La cité des Irlandais doit son nom au collège catholique des Lombards devenu Irlandais qui s’installa à la fin du XVIIe siècle dans une belle demeure entourée d’un parc. En 1757, elle connut l’affaire dite de l’imprimerie clandestine d’Arcueil. La possession arcueillaise des Irlandais reste dans les mains de ces religieux catholiques jusqu’au début du XXe siècle. Entre les deux guerres, le pharmacien Chantereau acquiert le domaine pour y bâtir ses laboratoires qui deviendront par la suite Innothera. Au début des années 1960, il cède une partie de l’ancien domaine à la Ville qui fait construire, sur le site, la cité dite des Irlandais. L’activité de recherche sera fermée sur ce site qu’en 2004. Elle sera remplacée par la Maison du Grand-Cèdre, établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes. Henri Toulouze

Jeudi 11 février à 18h30 : La descendance de Claude Symonet

Le confinement a parfois du bon ! Il y a au moins vingt ans, j’avais commencé à écrire une histoire des familles Tardif et Symonet (des ascendants de mon épouse) et puis j’étais passé à autre chose. Lors du premier confinement, je me suis replongé dans mon dossier et dans des centaines de photocopies d’actes notariaux du 17ème siècle, faites alors aux Archives nationales.

Je suis reparti d’un couple de drapiers parisiens Claude Symonet (1588-1660) et son épouse Marguerite Hacte (1597-1651). Claude a une boutique rue Saint-Denis, mais il a aussi des comptoirs à Lyon, Venise et Florence et il a fait fortune, ce qui lui a permis d’acheter une maison de campagne à Bourg la Reine (qui sera le siège en 1722 d’un évènement historique). Ce couple aura au moins cinq enfants et on peut estimer sa descendance à environ 15000 personnes et si l’on rajoute les conjoints, on doit approcher les 30 000 personnes. Mon problème n’a donc pas été de leur trouver des descendants mais de choisir parmi ces 30 000 personnes, celles qui sortaient de l’ordinaire et qui méritaient que l’on raconte leur histoire.

Je cite en vrac : Brigitte Bardot, Nicolas Foulon, moine bénédictin et ancêtre de tous les membres de la famille Mezzara (dont Léa Seydoux), Louis de Brancas, neveu de Françoise de Brancas, dame d’Arcueil (il a épousé Diane-Adélaïde de Mailly-Nesle, une des maîtresses de Louis XV), Anne Marie Chassaigne, courtisane, princesse et sainte, plus connue sous le nom de Liane de Pougy, son fils héros de l’aviation, Paul Mezzara, qui fait fortune à Venise et se fait construire à Paris par Hector Guimard, un hôtel particulier Art nouveau, qui existe toujours, sa fille Yvonne Mezzara et son mari Jacques Sadoul, condamné à mort en 1919 pour désertion, ami de Jaurès, Lénine, et avocat en 1945 d’Eugène Schueller, fondateur de l’Oréal, Pierre Louis Sourdon-Dumesniel, maître à écrire de Louis XVII et qui en 1844 rencontre et reconnaît Louis XVII , Victor Hugues, qui abolit l’esclavage à la Martinique, héros du livre d’Alejo Carpentier « Le siècle des lumières », un chancelier allemand, la famille Lamoignon, alliée des Tardif, la famille Jacquin et son plus célèbre représentant Nicolas Joseph Jacquin, Jenny de Thelusson, dont la grand-mère fait construire en 1778 par Claude Nicolas Ledoux, l’hôtel de Thelusson, propriété successivement des Thelusson, puis de Murat, Napoléon et du Tsar de Russie, etc…
Pierre Maussion

Lire le dossier sur la descendance de Claude Symonet

Jeudi 18 mars à 18h30 : De ces femmes blessées

Fernand Iveton et Hélène Ksiazek
Hélène Ksiazek est décédée à 76 ans à Arcueil le 10 mai 1998. Le 11 février 1957, un mois après le début de la bataille d’Alger, sa vie basculait. Son mari, l’ouvrier Fernand Iveton, qu’elle avait épousé le 26 juillet 1955 à Alger, venait d’être décapité dans la cour de la prison Barberousse d’Alger. Depuis 1954, elle vivait avec lui au Clos-Salembier, une banlieue populaire d’Alger et travaillait alors comme serveuse dans un restaurant d’entreprise. Fernand Iveton ne fut pas le seul algérien d’origine française rangé aux côtés du FLN qui fut tué, mais il est le seul, après avoir été torturé, à avoir été condamné à mort par un tribunal militaire et exécuté. Il avait tenté, sans intention homicide, de saboter l’usine électrique où il travaillait. Seront évoqués Paul Teitgen, secrétaire général de la préfecture de police d’Alger, qui tenta de s’opposer à la torture et les écrivains Mouloud Féraoun, Emmanuel Robles, Albert Camus et Jean-Paul Sartre dans ce que l’on peut appeler « l’affaire Iveton ». Le 15 mai 1957, des arcueillais s’adressaient à René Coty, Président de la République, pour dénoncer la torture et les exécutions sans jugement et appelaient à manifester. Alors que le jeune mathématicien Maurice Audin, assassiné le 21 juin 1957 par les parachutistes du général Massu, est devenu un symbole de la terreur d’État et désormais reconnu comme tel, Fernand Iveton, victime lui-aussi de la terreur d’État, n’a pas été réhabilité par les autorités françaises, cela malgré les démarches de son épouse. Celle-ci, dès l’arrestation de son mari connue, refusa de l’abandonner à son sort. Sans le roman de Joseph Andras paru en 2016 « De nos frères blessés », découvert à la médiathèque d’Arcueil et sans le livre de Jean-Luc Einaudi « Pour l’exemple, l’affaire Fernand Iveton », j’aurais ignoré cette histoire. J’ai voulu tirer de l’oubli l’arcueillaise Hélène Ksiazek et son époux l’algérois Fernand Iveton et contribuer aux initiatives prises pour la commémoration de la fin de la guerre d’Algérie. Annie Thauront

Lire le dossier sur Hélène Ksiazek et Fernand Iveton 

Une saga familiale arcueillaise, celle des Sainctot et Vizé

Nicolas de Sainctot
Dans son étude sur le domaine Laplace, Henri Toulouze ne s’est volontairement pas attardé sur les  Sainctot, qui furent seigneurs de Vémars-en-France et de Lardenay, et propriétaires d’un domaine à Arcueil, celui qui deviendra le parc Laplace. Cette famille méritait une recherche particulière. C’est ce que j’ai réalisé en cherchant à connaître les premiers propriétaires du domaine mais aussi l’origine du titre nobiliaire « seigneur de Lardenay ». Dans sa monographie sur Arcueil et Cachan, L.L Veyssière écrivait (p 102) : « C'est d'abord Pierre de Sainctot, Trésorier des finances, qui détient la seigneurie ; il meurt en 1642 ; c'est ensuite Jean-Baptiste Sainctot, sieur de Vimars, conseiller du Roy et gentilhomme ordinaire de sa Chambre ; il décède en 1652 ; puis Nicolas de Sainctot, Maître de cérémonies, mort en 1655, et enfin un second Nicolas, Introducteur des Ambassadeurs, décédé en 1713 à 81 ans ; c'est le dernier de ce nom à avoir été seigneur d'Arcueil. Le domaine est ensuite passé au Président Pierre de Lisle puis à sa veuve Aîmée-Louise de Bouchavant. C'est Pierre de Lisle qui fit construire la belle et confortable demeure que l'on qualifia de château. » 

Pierre de Sainctot, trésorier des finances à Tours, mort en 1642, ne fut pas le premier de la famille à détenir la propriété. Ce fut son grand père maternel Claude Vizé (1528-1574), marchand mercier parisien, qui acquiert à Arcueil à partir de 1557 une ferme, des vignes et du prieur de l'abbaye de Saint-Denis de l'Estrée un pré au lieu dit Arthenay (Lardenay). La propriété passe à ses "hoirs" puis apres partage, en 1588, au gendre de Claude Vizé (1528-1574), Pierre Sainctot, décédé en 1639, marchand drapier, bourgeois et échevin de Paris, anobli par Henri IV. Ce sont les fils de Pierre et Anne Vizé, Pierre, Jean-Baptiste, Nicolas I de Sainctot et Étienne qui en hériteront et prendront le titre de seigneurs de Lardenais. Nicolas II de Sainctot, le dernier de cette famille, qui fut propriétaire à Arcueil, est le fils de Nicolas I, lui-aussi maître de cérémonies ; il sera maître de cérémonies et introducteur des ambassadeurs sous Louis XIV. La propriété d'Arcueil est alors une ferme située dans le village à proximité de la Grande Rue. Elle deviendra château avec le Président Pierre-Louis Thomas de L'Isle décédé en 1720 et son épouse Anne-Françoise-Louise Boucherat, nièce du chancelier Louis Boucherat, décédée en 1740. Celle-ci est la demi-soeur utérine de Simon-Emérit de Vizé, dont le père Simon de Vizé, trésorier de France dans la généralité de Soissons, décédé en 1667, est le cousin issu de germain de Nicolas II de Sainctot. 

C'est par Nicolas II de Sainctot, maître de cérémonies et introducteur des ambassadeurs, que j'ai commencé cette saga arcueillaise. Vous découvrirez ensuite Pierre et son épouse Marguerite de Vion qui sera la maîtresse du poète Voiture, Jean-Baptiste, Nicolas I et Étienne de Sainctot, seigneurs de Vémars et de Lardenais, puis leur grand-père Étienne (1524-1611) et sa descendance dont Pierre Sainctot, leur père, tous deux marchands drapiers et bourgeois parisiens, et enfin le marchand et bourgeois de Paris Claude Vizé, à l'origine de la propriété et du titre nobiliaire, et sa descendance Vizé. J'ai conscience que cette saga familiale est longue mais elle mérite que l'on s'y attarde. Aussi, profitez bien de vos longues soirées d'hiver pour prendre plaisir à lire cette histoire comme j'ai eu plaisir à l'écrire. Annie Thauront

Lire le dossier : Nicolas II de Sainctot, seigneur de Vémars et de Lardenay

Lire le dossier : Les maîtres de cérémonies Jean-Baptiste et Nicolas de Sainctot

Lire le dossier : Le marchand drapier de Paris Étienne Sainctot

Lire le dossier : Le marchand mercier parisien Claude Vizé

La révolte des vignerons du Languedoc en 1907

Manifestants du village de Saint Bauzely
Au milieu du XIXe siècle, les quatre départements français qui bordent le golfe du Lion se sont spécialisés dans la viticulture. Gard, Hérault, Aude et Pyrénées-Orientales ont su transformer leurs plaines arides en superbes vignobles.

Mais de 1900 à 1906, la production de vin du Languedoc grimpe de 16 à 21 millions d'hectolitres. La surproduction se solde par une mévente et une chute brutale des prix. Ceux-ci sont divisés par deux ou par trois en quelques années. C'est la ruine pour de nombreux Languedociens : petits viticulteurs qui n'arrivent pas à rembourser leurs dettes mais aussi négociants dont le sort est suspendu à celui de la viticulture.

Les Languedociens réclament pour le moins l'abrogation de la loi de 1903 sur la
« chaptalisation » et une surtaxe sur le sucre pour décourager les importations. Mais le Président du Conseil, l'inflexible Georges Clemenceau, ne veut rien entendre.
La concurrence étrangère avec sa surproduction fait rage, les vins trafiqués sont en vente libre sur le marché, et les fraudeurs sont impunis. Dès 1892, les vignerons réclament la suppression du sucrage officiel et le rétablissement des droits de douanes.

Le gouvernement de Paris plus proche des intérêts des riches betteraviers du Nord que du petit peuple des Corbières, fait la sourde oreille. Avec la misère, la colère et la révolte monte à travers le Languedoc. Marcelin Albert, cafetier et vigneron d'Argeliers, dans l'Aude, prend la tête de la révolte. Le 12 mai 1907, il avertit le gouvernement que si rien n'est fait avant le 10 juin, il décrétera la grève de l'impôt. Bruno Teste




Le prénom de Marianne, symbole de la République, aurait été à l’origine celui d’une arcueillaise !


Marianne atelier de moulage Lorenzi Arcueil
D’après plusieurs sources, après le coup d’état du 4 septembre 1797, le prénom de « Marianne » aurait été donné par Paul Barras (30/06/1755-29/01/1829) à la République française avec les prénoms contractés de Marie-Anne Mouhat (2/01/1759-8/01/1813), épouse de Jean-François Reubell (8/06/1740-24/10/1807). En 1797, elle était « la première Dame de France » puisque Jean-François Reubell était alors le premier Président du Directoire. Marie-Anne Mouhat et Jean-François Reubell, tous deux de Colmar, avaient un château à Arcueil. En 1795, Jean-François Reubell avait acheté une propriété à Arcueil qu’il appelait « son jardin », où il se rendait presque chaque soir ; il la vendra en 1806 au savant Pierre-Simon Laplace. Jean-François Reubell ne fait pas partie des hommes célèbres du XVIIIe siècle étudiés par L.L Veyssière dans sa monographie sur Arcueil-Cachan. Il n’y est évoqué que brièvement ainsi que dans les blogs concernant le château Laplace. Et pourtant ! Il est un personnage important de la République à partir de 1789 et plus encore entre le 26 octobre 1795 et le 9 mai 1799. Marie-Anne Mouhat et Jean-François Reubell méritent que l’on s’attarde sur leur histoire. À l’occasion de cette recherche faite à partir de « Jean-François Reubell, l’Alsacien de la Révolution française » de Jean-René Suratteau et Alain Bischoff paru en 1995 pour le bicentenaire du Directoire, j’ai découvert que par son épouse, Jean-François Reubell était apparenté à Jacques-Antoine Priqueler. Jacques-Antoine Priqueler est ce garde du corps du Roi, originaire de Champagney, petit village de Haute-Saône, qui fut l’inspirateur en 1789 de l’article de son cahier de doléances appelé « Vœu de Champagney ». Cet article demande l’abolition de l’esclavage des nègres dans les colonies. La lecture de cette publication sur Marie-Anne Mouhat, « Marianne arcueillaise », et sur Jean-François Reubell devrait donner à ceux, qui ne l’auraient pas lu, l’envie de lire mon étude sur « Les signataires du vœu de Champagney » parue sur ce blog. Annie Thauront


Lire le dossier : Le prénom de Marianne, symbole de la République, aurait été à l’origine celui d’une Arcueillaise.

La construction de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, une conséquence de la défaite de la France en 1870


Dans quelques mois devrait être célébré le cent-cinquantième anniversaire de la Commune de Paris. Le classement aux monuments historiques de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, annoncé mi-octobre 2020, va coïncider avec cet anniversaire. Cela a été vu comme une provocation. En effet, la basilique du Sacré-Cœur, dont la première pierre fut posée le 16 juillet 1875 sur cette colline de Montmartre où débuta la Commune, est considérée comme le symbole de la sanglante répression des Communards par les armées de Thiers. Pour preuves, cette déclaration de Hubert Rohault de Fleury (1828-1910), initiateur de la construction de l’église avec son beau-frère Alexandre Legentil (1821-1889): « Oui, c'est là où la Commune a commencé, là où ont été assassinés les généraux Clément-Thomas et Lecomte, que s'élèvera l'église du Sacré-Cœur ! Malgré nous, cette pensée ne pouvait nous quitter pendant la cérémonie dont on vient de lire les détails. Nous nous rappelions cette butte garnie de canons, sillonnée par des énergumènes avinés, habitée par une population qui paraissait hostile à toute idée religieuse et que la haine de l'Église semblait surtout animer. ». Cet été, je découvrais que cet homme, lié à notre histoire religieuse, était le petit-fils d’un architecte parisien, propriétaire à Arcueil de 1832 à 1834 d’une maison qu’il vendra comme maison de campagne au Collège des Irlandais. Cela m’a incitée à entreprendre une recherche sur l’histoire de la famille Rohault de Fleury et sur l’histoire controversée des origines de cette basilique. En voici les résultats. Mes sources sont les hagiographies de Hubert Rohault de Fleury et de Alexandre Legentil, les compte-rendus des séances de l’Assemblée nationale et les journaux de l’époque. J’ai profité de cette recherche pour évoquer le chevalier de la Barre décapité sous Louis XV pour blasphème, l’adresse de la basilique étant 35 rue du Chevalier-de-la-Barre ainsi que l’église Saint-Pierre de Montmartre, située sur la butte, menacée de démolition avec la construction du Sacré-Cœur ; cette charmante église paroissiale fut sauvée grâce à l’intervention du conseiller municipal Eugène Fournière. Je n’ai développé ni l’histoire de la construction du Sacré-Cœur qui s’étala sur plus de quarante ans ni les choix architecturaux qui furent faits. Bonne lecture à tou(te)s. Annie Thauront

Lire le dossier sur la construction de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre

150e anniversaire de la Guerre de 1870

À Cachan, tombeau de 230 soldats morts au combat en 1870



Entre juillet 1870 et juin 1871, l’année terrible comme le dit l’historien Pierre Milza, la France connut un de ses plus grands drames. Des soldats morts sur le champ de bataille, aux Communards assassinés par Thiers et à la population mitraillée, la France fut ravagée. 100 000 morts au moins dans chaque camp.
Arcueil et sa région ne furent pas épargnées. Des combats se déroulèrent sur son territoire et aux alentours : de Cachan au fort de Montrouge, en passant par Bagneux. Les Arcueillais virent passer à plusieurs reprises les deux armées belligérantes, ils durent se réfugier dans Paris et constater à leur retour le pillage de leurs maisons et de leurs biens.
D’abord, nous examinerons les causes de la guerre franco-prussienne avec la fameuse dépêche d’Ems, puis, nous survolerons le conflit qui se déroula presque exclusivement sur le sol français et connut deux périodes bien distinctes : La première, de défaite en défaite, se solda par la capture de l'empereur Napoléon III et conduisit au siège de Paris ; durant la seconde, des armées républicaines surgies des provinces tentèrent de libérer la capitale. Arcueil et les villes environnantes furent prises dans la tourmente guerrière. Nous examinerons ensuite la vie quotidienne des habitants d’Arcueil et des environs et nous détaillerons les phases de la guerre se déroulant sur notre territoire. Henri Toulouze

Lire le dossier du 150e anniversaire de la guerre de 1870

Annexe n° 1 La défense de Paris

Annexe n° 2 Le fort de Montrouge

Annexe n° 3 Le fort de Bicêtre

Annexe n° 4 Redoute du Moulin de Saquet

Annexe n° 5 Redoute des Hautes-Bruyères

Annexe n° 6 Combats de l'Hay

Annexe n° 7 Bataille de Champigny

Annexe n° 8 batailles de Châtillon

Annexe n° 9 L’affaire de Bagneux

Annexe n° 10 Poèmes et chansons de la guerre de 1870

L’usine malodorante des Hautes Bornes à Arcueil ou les odeurs de Paris

Publicité de 1880
Faisant des recherches sur la famille Raspail à Arcueil, j’ai découvert que Émile Raspail, maire et conseiller général, avait publié en octobre 1880 un petit ouvrage intitulé « des odeurs de Paris ». Il y dénonce une usine située aux Hautes Bornes (le Chaperon vert), usine qui fabriquait un engrais « le sulfate d’ammoniaque » à partir des vidanges parisiennes et dont les émissions malodorantes empuantissaient l’atmosphère. Émile Raspail demande la fermeture de l’usine. Malgré ses interventions auprès de la Préfecture de police, Émile Raspail n’obtiendra pas l’arrêt de la fabrication de l’engrais aux Hautes Bornes. Il écrit en 1880, après un été de canicule quand dégoûtée par des odeurs nauséabondes, infectes, putrides, écœurantes, ignobles, insupportables, abjectes et répugnantes, l'opinion publique s'émeut, la presse s'indigne, et les pouvoirs publiques parisiens créent des commissions. Alors faites comme moi, bouchez vous le nez pour découvrir cette affaire de pollution à une époque où il n’y avait pas encore l’obligation de raccordement au tout-à-l’égout, époque où l’on ne parlait pas encore d’écologie mais où déjà quelques maires se préoccupaient de la santé de leurs concitoyens.  Annie Thauront

Lire le dossier sur L’usine malodorante des Hautes Bornes à Arcueil


Arcueil et son hameau de Cachan à la Révolution, son cahier de doléances et ses signataires

Cahier de doléances d'Arcueil du 13 avril 1789
Le cahier de doléances des habitants d’Arcueil et de son hameau de Cachan a été adopté par l’assemblée des paroissiens réunis à l’église Saint-Denys le 13 avril 1789. Ce cahier, qui comporte 32 articles, a été paraphé par 43
« citoyens actifs » sachant signer. Ayant précédemment identifié les paysans signataires du cahier de doléances de Champagney (Haut de Saône) (dont un article remarquable demande l’abolition de l’esclavage) en comparant les signatures avec celles relevées sur l’état-civil, j’ai tenté la même expérience pour les signataires arcueillais, bien que l’original du cahier d’Arcueil ait été perdu. Je pense avoir réussi à identifier ces 43 hommes en les recherchant à l’état-civil. Ce sont des bourgeois (docteur en médecine, notaire, receveur des domaines, procureur fiscal), des vignerons, des laboureurs et des meuniers, des commerçants (aubergiste, marchand de vin, boulanger, boucher) et des artisans (maçons, charpentiers, maître-carrier, entrepreneur de maçonnerie) etc. Les quatre députés délégués par cette assemblée du Tiers État sont deux hommes de loi parisiens et deux laboureurs. Je présente le résultat de cette recherche en même temps qu’un aperçu de la commune et de ses grands domaines à la veille de la Révolution. J’ai effectué l’analyse du cahier de doléances et notamment celle de son article 32 concernant un projet de canal amenant les eaux de l’Yvette et de la Bièvre à Paris, projet auquel les Arcueillais étaient opposés. Ma découverte a été celle d’Antoine-Christophe Gerdret, membre du club des Jacobins qui avait été élu de la section de l’Oratoire à l’Assemblée de Paris en 1791. C’était un négociant parisien mort à Arcueil le 9 avril 1793 dans sa propriété, une grande maison « bourgeoise », maison qui deviendra par la suite le Collège des Irlandais. Annie Thauront

Lire le dossier : Arcueil et son hameau de Cachan à la Révolution, son cahier de doléances et ses signataires

Menika, Olga, Ida et les autres… Des étrangères dans la Résistance.

Ménika Chilischi (1915-1944), résistante de la MOI.
À la suite d’une recherche sur les lieux d’habitation des victimes arcueillaises du nazisme, nous avons découvert que plusieurs résistants ayant appartenu à la Main d’œuvre immigrée (MOI) avaient habité Arcueil, avenue Richaud, une petite rue tranquille proche de la station Laplace : au 44 de cette rue, Boruch Lerner, juif roumain, adjoint de Meyer List, chef du 2e détachement de la MOI, qui fut responsable d’un dépôt d’armes, arrêté le 29 juin 1943, fut fusillé au Mont-Valérien le 1er octobre 1943 en même temps que Meyer List et deux autres résistants de la MOI ; il avait 28 ans 9 mois et 28 jours ; son épouse Hadassa Tenenbaum sera arrêtée le 30 juillet 1943 et déportée par le convoi n°58 du 31 juillet 1943 pour Auschwitz ; elle en revint ; ils étaient parents d’un garçon né à Arcueil le 27 août 1942 ; au 43 avenue Richaud, une jeune juive roumaine Menika Chilischi qui fut agent de liaison et son compagnon Jacov Stambul qui faisait partie du 4e détachement dit des « dérailleurs ». Menika Chilischi fut appréhendée le 17 novembre 1943 à son domicile arcueillais par deux policiers des brigades spéciales. Son arrestation eut lieu dans le cadre des arrestations des membres de la MOI dont celle de Missak Manouchian, qui, condamné à mort, sera fusillé au Mont-Valérien avec 21 de ses camarades le 21 février 1944 et Olga Bancic qui sera décapitée dans une prison d’Allemagne le 8 mai 1944. Dix de ces résistants sont les héros de « l’Affiche Rouge ». Jacov Stambul sera arrêté, torturé et déporté le 22 janvier 1944 de Compiègne à Buchenwald et en revint. Transférée à Drancy par la police française, Menika Chilischi fut déportée comme juive pour le camp d’extermination d’Auschwitz par le convoi n°67 du 3 février 1944. Elle fut gazée à son arrivée. Elle avait 28 ans 2 mois et 28 jours. Menika Chilischi était née à Kichinev (Bessarabie) comme Olga Bancic et comme Ida Kiro, elle-aussi membre de la MOI, arrêtée le 17 novembre 1943 et morte en déportation. L’histoire de Menika Chilischi m’a donné l’occasion de traiter de celle de ces résistantes étrangères qui donnèrent leur vie dans la lutte contre le nazisme et dont on ne parle pas mais aussi de revenir sur les méthodes de filatures des brigades spéciales. J’ai profité de cette recherche pour rappeler l’histoire de « la Gestapo française », une bande de criminels autour de Bonny et Lafont qui assassinèrent et volèrent pour leur propre compte et pour celui de la Gestapo. Raymond Clavié, l’un des deux neveux de Lafont, protégé de la Gestapo, qui échappa à l’arrestation à la Libération, habitait en 1942 à Arcueil, 9 rue de Chinon. Huit membres de cette bande dont Pierre Bonny, Henri Lafont et Paul Clavié, frère aîné de Raymond, furent fusillés au fort de Montrouge le 27 décembre 1944. Annie Thauront

Lire le dossier : Menika, Olga, Ida et les autres… des étrangères dans la Résistance. 

La catastrophe des mines de Lalle à Bessèges (Gard) le 11 octobre 1861.


La découverte des corps après l’inondation des mines de Lalle
À l’occasion d’une recherche généalogique concernant mon beau-frère né en 1947 à Bessèges (Gard), décédé à 34 ans alors qu’il se rendait au travail et dont le père avait été mineur-outilleur dans les Cévennes, ma sœur a découvert que dans l’ascendance de sa belle famille figurait un mineur originaire des Vans (Ardèche) qui avait été noyé dans l’inondation des mines de Lalle le 11 octobre 1861. L’histoire de l’inondation de cette mine a inspiré plusieurs  chapitres de « Sans famille » à Hector Malo. Elle a été aussi source d’inspiration pour L.L Simonin pour son ouvrage « La vie souterraine ou la mine et les mineurs » paru en 1867 et dont Émile Zola se servit pour écrire « Germinal ». Sans avoir la prétention de rivaliser avec ces écrivains, j’ai décidé de raconter cette catastrophe en en recherchant les différents acteurs et surtout les causes. Cette écriture date de quelques années, avant que ne soit publié le livre de M. Bernard Collonges « Mourir pour les Houillères », aux Éditions de La Fenestrelle en 2017. C’est avec la recherche présentée ici, que j’ai découvert Eugène Fournière. L’idée de faire la biographie de ce militant socialiste méconnu (mise sur ce blog) m’est venue à la suite de la découverte de l’implication  de celui-ci dans des grèves qui secouèrent ce bassin minier des Cévennes fin 1881 début 1882. Le confinement du printemps 2020 a été l’occasion de retravailler ce texte que je n’avais pas publié et de vous en faire profiter. Annie Thauront

Lire le dossier sur la catastrophe des mines de Lalle à Bessèges